Douze siècles de Jeux Olympiques antiques : La période archaïque

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En ~ 776, les Jeux Olympiques ne comportent qu’une épreuve, le stade, l’équivalent d’un 200 mètres plat. L'unique vainqueur en est Coroïbos.

Les Jeux connurent bien des développements, mais pour comprendre pourquoi cette restauration réussit, il faut se souvenir que les Achéens, fuyant l’invasion dorienne, sont installés en Ionie. Par la suite, les Grecs vont essaimer tout autour du bassin méditerranéen. Toutes ces cités grecques donnent deux éléments fondamentaux à la constitution d’une institution sportive, une unité de langage et de culture qui permet la communication d’une part, des adversaires égaux en droit d’autre part. Elles vont tout simplement jouer le rôle de nos clubs d’aujourd’hui.

Une unique épreuve au commencement

Il n’y aura qu’une seule épreuve pendant un demi-siècle, mais très vite des problèmes se posent. Il faut ajouter un deuxième officiel aux 5èmes Jeux, en ~ 760. Aux 6èmes Jeux (déjà), se pose la question de l’argent : en ~ 756, les organisateurs vont consulter l’oracle de Delphes pour savoir ce qu’il convient de donner aux athlètes en récompense. La brave Pythie leur répond : "une simple couronne". Si les organisateurs voient leurs intérêts financiers ainsi préservés, les athlètes ne resteront pas pour autant amateurs, ils seront pris en charge par leur cité (et, par exemple à Athènes, Solon limitera leurs prix, leurs rentes, au début du ~ VIème siècle), ils deviendront véritablement professionnels.

Le tournoi a du succès, le sanctuaire devient un centre économique, le pèlerin fait place au touriste. Enjeu économique et prestige politique ont pour conséquence une première lutte entre les organisateurs Eléens et les Pisates dès les 8èmes Jeux, en ~ 748. Les Pisates envahissent à nouveau le territoire d’Olympie en ~ 644 pour tenir les Jeux à la place des Eléens, lesquels envahiront à leur tour Pise en ~ 572 qu’ils détruiront, à titre préventif, pour pouvoir tenir les Jeux en toute tranquillité ! D’autres incidents se produiront encore, mais ces Jeux servent réellement l’unité hellénique et des codifications plus tardives viendront concrétiser la notion de trêve.

Les vainqueurs viennent de Messénie, de Sparte (Lacédémone), de Corinthe, de Mégare, d’Athènes, de Crotone, ... Le plus célèbre d’entre eux au cours de cette période est Chionis de Lacédémone, vainqueur une première fois aux 28èmes Jeux Olympiques (~ 668), et qui, sur douze années, remportera à quatre reprises la course du stade et trois fois celle du double stade.

Un autre vainqueur est resté célèbre pour une autre raison, Orsippos de Mégare court le stade tout nu, en ~ 720, tandis que les autres coureurs en restaient aux usages anciens, portant la ceinture. Sa nudité n’a pas la signification que lui apportera la période classique, il s’agit ici tout simplement d’une disposition pratique.

Les Jeux, à Olympie mais aussi...

Le succès des Jeux Olympiques entraîne la restauration des autres grands jeux grecs : les Jeux Isthmiques, à Corinthe, en ~ 582 ; les Jeux Pythiques, à Delphes (où on ajoute des épreuves sportives aux épreuves musicales existantes), en ~ 591 ; les Jeux Néméens, en Argolide, en ~ 573. Les femmes ne sont pas oubliées puisqu’à la même période sont relancés les Jeux Héréens, en l’honneur de la déesse Héra, à Olympie ; les seize femmes qui président ces Jeux sont des femmes mariées, les concurrentes sont des jeunes filles, à la tenue vestimentaire réglementée, réparties en trois catégories d’âge, qui courent sur une distance réduite d’un sixième par rapport à celle des hommes.

C’est également à cette période que Tarquin l’Ancien, le cinquième roi de Rome fait construire le premier cirque, qui reçut plus tard le nom de Grand, et institua lui aussi des jeux au début du ~ VIème siècle (Cf. Tite Live). C’est l’époque des législateurs (avec notamment les réformes de Solon en ~ 594) et des tyrans. On réglemente aussi le sport en fonction des besoins et on commence aussi à s’interroger sur sa finalité.

La mort aux Jeux

En ~ 564, aux 54èmes Jeux, Arrachion de Phigalie, déjà vainqueur au pancrace aux 52èmes et aux 53èmes J.O., meurt étouffé mais gagne puisqu’il expire au moment même où son adversaire se déclare vaincu. La règle stipulera désormais que la mort d’un combattant est disqualifiante. (En ~ 492, Cléomède, à la boxe, tuera son adversaire, sera ainsi disqualifié et en deviendra fou). Praximas d’Egine est vainqueur au pugilat aux 59èmes J.O. (~ 544), il sera le premier à consacrer à Olympie une statue de bois à son effigie.

Le plus célèbre lutteur est sans nul doute Milon de Crotone qui obtint sa première victoire dans la lutte des adolescents aux 50èmes Jeux (~ 540). De ~ 532 à ~ 516, il remportera encore cinq titres olympiques, plus six victoires pythiques, dix isthmiques et neuf néméennes. En ~ 512, âgé de 45 ans, il essaiera encore de concourir aux 67èmes J.O. mais il abandonnera. Sa mort légendaire veut qu’essayant de fendre un arbre pour tester sa force, il ne put y réussir et se retrouva immobilisé, les mains enserrées dans la fente, ce qui le livra aux animaux sauvages.

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