La flamme dans l'Antiquité

© Museumslandschaft Hessen Kassel/Ute Brunzel/Bridgeman Images
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Selon les civilisations, le feu ne renvoie pas aux mêmes mythes, mais il est impossible de ne pas évoquer Prométhée, héros grec, fils du titan Japet et de l’océanide Clymène, et frère notamment du Titan Atlas. Prométhée (Prévoyant en ancien grec) et un autre de ses frères, Épiméthée, se virent confier par Zeus la mission de créer l'humanité et de doter humains et animaux des dons nécessaires à leur survie. Prométhée aurait ainsi permit à l’homme de marcher debout. Mais Zeus avait interdit aux hommes l’usage du feu qui, avec la foudre, était l’attribut principal de sa puissance.

Prométhée, désireux de parfaire l’humanité et sans doute échaudé par le conflit entre Zeus et les Titans, profita d’une invitation d’Athéna pour monter aux cieux et y dérober le feu. Il le dissimula dans la tige d'une férule - plante dont le nom vient justement du grec Fero (porter) et qui, dans l’Antiquité, servait à la fois au transport du feu et à la correction des enfants – et ramena donc le feu aux hommes. Il paya cependant cher son dévouement aux hommes puisque Zeus le fit attacher à un rocher du Caucase où un aigle venait chaque jour lui ronger le foie, organe qui se régénérait toutes les nuits. Il sera finalement libéré par Hercule à l’occasion de sa mission au Jardin des Hespérides.

En apportant le feu aux hommes, en leur inculquant les principes de toutes les sciences, arts et techniques, ce conquérant est devenu le symbole du progrès. Victime de son ambition, celui à qui l’humanité est redevable du feu se voit condamné à de perpétuelles souffrances en une parabole que l’on pourrait ainsi résumer : le progrès s’acquiert et s’expie par la douleur. Et quel athlète de haut niveau pourra nier les souffrances qui lui ont permis de réaliser ses performances ?

Mais le mythe de Prométhée, c’est aussi la victoire de l’humanisme sur l’autoritarisme, et voici donc renforcée la portée symbolique du porteur de la flamme, véritable Prométhée moderne relayant l’espoir et participant à établir un lien entre le site antique des Jeux et la ville organisatrice des Jeux, entre les Anciens et les Modernes.

Les courses aux flambeaux

Dans la Grèce antique, le flambeau eut de nombreux usages, variables selon les époques, mais celui qui nous importe plus est cultuel, puisque le flambeau était fréquemment utilisé dans les cérémonies religieuses, en particulier lors de rites de passage - cérémonies initiatiques, funéraires… - et de processions nocturnes.

En ces occasions, les Grecs honoraient les dieux par des lampadédromies, courses aux flambeaux consistant à l’origine en un simple relais depuis un feu sacré jusqu’à un autel. A Athènes, les Panathénées voyaient ainsi s’affronter cinq équipes d’une quarantaine de relayeurs, courant chacun près de 30 mètres. L’équipe arrivée la première avec un flambeau toujours enflammé avait l’honneur d’allumer l’autel de Prométhée et était récompensée.

Les Jeux, olympiques et suivants - pythiques (Delphes, en ~ 591), isthmiques (Corinthe, en ~ 582) et néméens (en Argolide, en ~ 573) - compétitions panhelléniques ouvertes à tous les Grecs, étaient également des occasions de célébrer les dieux dans lesquelles le feu occupait une place majeure. Ainsi, au sanctuaire d’Olympie brûlait un feu perpétuel sur l’autel de la déesse Hestia situé dans le Prytanée (bâtiment utilisé pour les grands banquets offerts aux athlètes à la fin des Jeux). D’autres feux illuminaient par ailleurs les temples de Zeus et d’Héra.

L’origine même des Jeux olympiques est sujette à de nombreuses interprétations, dont la plus mystique met en scène les dieux de l’Olympe eux-mêmes. Selon Philostrate, les premières courses des Jeux olympiques auraient justement été celles qui, sur la longueur d’un stade (environ 200 m) déterminaient celui des pèlerins qui allumerait l’autel des sacrifices aux dieux. En – 776, date de la naissance officielle des Jeux olympiques, ce fut Coroibos qui remporta cette unique épreuve. Ce ne fut qu’un demi-siècle plus tard que d’autres épreuves vinrent étoffer un programme qui s’étendit sur cinq jours (le double stade, la longue course, la lutte, le pentathle, le pugilat, la course de chars, la course de chevaux et le pancrace aux 33èmes). Les Jeux connurent en effet bien des développements durant leurs onze siècles de déroulement (en 393, derniers Jeux, Théodose Ier les interdit avant que Théodose II ne les abolisse et fasse détruire le site) au rythme quadriennal adopté également de nos jours.

Ces Jeux ne se concevaient, que dans un monde en paix afin que pèlerins et athlètes puissent atteindre et revenir d’Olympie sans péril. Les théores chargés d'annoncer les Jeux partaient environ six mois à l'avance pour prévenir de la date précise à laquelle se tiendraient les Jeux (durant la première lune après le solstice d’été), et proclamer l’ekeicheira, la trêve sacrée.

Le solstice d’été se révèle d’ailleurs être commun à de nombreuses croyances qui fêtent à cette date le soleil et le feu : des feux catholiques de la Saint-Jean au culte d’Oris en Egypte ancienne, chez les turcs, les incas, les chinois, les druides anglo-saxons (culte de Baal-Moloch) et les prêtres vaudous nombreux sont les évènements d’essence religieuse et liés au feu qui, à travers les civilisations, tombèrent à la date du solstice d'été.

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