Sport boules, Jeu Provençal - Regards d'experts

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Jacques Faresse (JF), directeur technique national de la Fédération français de sport boules, et Jean-Yves Péronnet (JYP), directeur technique national de la Fédération française de pétanque et jeu provençal, nous dressent un état des lieux de leurs disciplines, le tout avec une passion non dissimulée.

Quelles sont les spécificités de la boule lyonnaise par rapport à la pétanque ?
JF : Le terrain est assimilable à un court de tennis avec des zones de tir et des zones d’élan. Surtout, il y a la course d’élan avant le tir et la trajectoire de la boule qui doit être aérienne. Ensuite, les règles varient légèrement.

Les origines de la boule lyonnaise ?

JF : Elle s’est énormément développée à Lyon et en région Rhône Alpes à la période des soyeux et des canuts. Les bistrots traditionnels étaient les lieux d’accueil et de convivialité et, derrière, il y avait souvent 4 terrains de boules. C’était une activité ludique et peu physique, qui se jouait à 4 contre 4 et qui permettait l’échange et le jeu. On venait dans ces endroits jouer aux boules, aux cartes et au billard, se vider la tête après une journée de travail. Il fût un temps où il y avait plus de 300 jeux de boules pratiqués dans la région lyonnaise et où un bouliste pouvait être aussi populaire qu’un footballeur. Depuis, nous sommes devenus une discipline sportive, mais nous n’avons pas perdu l’essence et l’histoire de notre pratique.

Quel est l'état des lieux de vos sports en France ?

Jean-Yves Péronnet (JYP) : Nous sommes actuellement à plus de 300 000 licenciés, avec une diminution de 3-4% chaque année. Par contre, le nombre de compétiteurs est à la hausse. Il y a énormément de pratiquants loisir, qui animent la vie des clubs. Il faut que nous parvenions à les fédérer.
JF : Nous dénombrons actuellement 58 000 licenciés répartis dans toute la France, dont environ 10-15% de féminines et 3 000 jeunes, des moins de 9 ans aux moins de 18 ans. La tendance est à la baisse régulière. Nous avons connu des périodes autour de 150 000 membres. A l’international, 34 Nations étaient présentes aux derniers Mondiaux.

Le haut niveau ?
JF : Notre fédération comprend 6 disciplines avec compétitions internationales. 2 épreuves à dominante physique : le tir progressif et le tir en relais, qui se jouent sur des périodes de 5 minutes et dont l’effort est équivalent à celui d’un coureur de 800 mètres. 2 épreuves à dominante mentale : le tir de précision, un duel entre 2 adversaires avec 11 cibles à toucher, et le combiné, qui est un duel en 1 contre 1 avec la nécessité de pointer sa boule dans un cercle de 1,40 mètres de diamètre et de tirer celle de l’adversaire. L’adresse et la stratégie sont importantes, mais l’aspect psychologique également. Enfin, il reste 2 épreuves, à dominante stratégique, assimilables à la pétanque : le simple et le double, où il faut pointer, tirer, faire des choix tactiques…

Pour chacune de ces épreuves, un titre de champion du monde est attribué, dont 4 en individuel. Les Françaises sont redevenues premières mondiales, en Turquie, en octobre dernier, au terme d’un beau duel face à la Chine. Mélanie Lille championne du monde de tir de précision, Barbara Barthet de tir de progressif, l’or en double, l’argent en relais et le bronze.

Il y a encore peu, la concurrence était moins dense, et les championnats du monde se résumaient quasi exclusivement à des duels Franco-Italiens. Aujourd’hui, beaucoup plus de Nations engagent des joueurs, notamment dû au nombre croissant d’épreuves, et l’adversité s’est densifiée, avec des Argentins, des Chiliens, des Chinois, qui viennent troubler la hiérarchie mondiale. L’accès à la médaille d’or internationale est devenu très difficile.

JYP : C’est un secteur où tout se passe bien, notamment chez les hommes, puisqu’on nous sommes à 11 titres de champion du monde consécutifs. Nous avons récoltés 7 médailles d’or internationales sur 8 possibles au cours de la dernière olympiade. Nos jeunes sont également très régulièrement médaillés et les féminines sont toujours meilleure Nation, avec cependant une lacune, la triplette. C’est le titre qui nous manque depuis plus de 15 ans. Nous l’avons eu à l’échelle européenne et l’espérons lors des championnats du monde qui auront prochainement lieu en France.

Les Jeux Méditerranéens ?
JYP : Ce sont des étapes très importantes pour notre fédération. Nous y emmenons nos meilleurs joueurs pour décrocher les médailles d’or et participer aux quotas de l’équipe de France olympique. C’est une compétition, surtout chez les féminines, d’un bon niveau, donc une bonne préparation aussi pour les échéances futures. Cela nous permet également de faire une revue d’effectif. Pour nous c’est primordial de bien participer et de bien figurer.

Intégrer le programme olympique ?
JYP : C’est l’envie de tout sport ! Nous y travaillons, même si nos moyens, humains, financiers, ne sont pas toujours suffisants. Nous réunissons beaucoup de critères, comme la présence sur les 5 continents ou une grande représentation des féminines… La Confédération mondiale des sports de boules est notre interlocuteur et il manque un peu de dynamisme au sein de cette structure, ce qui nous fait passer à côté d’un certain nombre d’étape pour gravir les échelons.

Les jeunes à la pétanque ?
JYP : Traditionnellement, les jeunes y venaient via leurs parents durant les vacances. Depuis, les loisirs ont évolué. Il faut proposer autre choses aux jeunes qu’une pratique ludique. Nous sommes en train de structurer nos écoles de pétanque avec des labels, avec des formations d’encadrement… Mais cela reste difficile. Il nous faut également travailler sur les formats de compétition avec les comités et les ligues. Nous sommes partis d’un jeu pour devenir un sport, mais nous n’avons pas toutes les structures comme dans d’autres sports.

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