Benjamin Hennequin : "Je reviens peu à peu à mon niveau"

Interview
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Du 3 au 13 avril, Tel-Aviv (Israël) accueille les 93èmes championnats d'Europe d'haltérophilie. Pour Benjamin Hennequin, vice-champion du monde 2011 en -85kg, cette compétition marquera le retour sur la scène internationale. Interview...

Comment te sens-tu à l’approche de ces championnats d’Europe ?
Ça va, je reviens petit à petit en forme. Depuis les Jeux Olympiques, je n’ai pas fait de compétition internationale pour cause de blessure. Je reviens peu à peu à mon niveau et je monte progressivement en puissance pour les championnats d’Europe. Je suis revenu à 95% dirons-nous.

Tes genoux t’ont en effet tenu à l’écart depuis un an et demi, peux-tu nous expliquer pourquoi ?
J’ai eu deux pathologies au niveau des deux genoux en fait : des ruptures partielles des tendons rotuliens et, en plus, des chondropathies rotuliennes, des inflammations au niveau des cartilages de la rotule. Le problème était que toute rééducation sur une de ces pathologies mettait en contrainte la seconde. J’ai donc dû être au repos complet pendant dix mois avant de pouvoir faire de deux mois de rééducation.

Comment as-tu vécu cette longue période d’arrêt ?
Je me suis dit que j’allais arrêter. Chaque mois, l’échéance de reprise était repoussée. Je me suis dit que c’était fini. Mais mes entraîneurs - personnel, de l’équipe de France, de l’Armée - m’ont toujours soutenu. Ils m’ont dit que je pouvais revenir, que cela prendrait du temps. Ils ne m’ont jamais laissé tomber et c’est bien la seule chose que me motivait. Je me suis dit que j’allais quand même essayer, que je n’avais rien à perdre.
Mon enfant, né en août 2013, m’a aussi permis de ne pas trop « péter un câble ». Deux mois après mon arrêt, ma femme est tombée enceinte. Du coup, ça m’a aidé à moins être dans le trou.

Et maintenant, où en es-tu moralement ?
La confiance revient petit à petit. J’ai toujours un mauvais souvenir des Jeux Olympiques de Londres, mais j’espère que cette compétition va me permettre de remettre les pendules à l’heure et de repartir sur une bonne dynamique.
Après, je pense aussi que mon échec aux Jeux Olympiques a pu contribuer à la persistance des douleurs. Peut-être qu’inconsciemment, je n’y arrivais plus, je ne voulais peut-être pas reprendre. J’avais peut-être besoin de souffler, d’arrêter après deux ans d’entraînement intensif pour une échéance échouée. Maintenant, je suis de retour et on verra après le championnat d’Europe, comment je me sens.

Après l’échec de Londres, l’objectif désormais, c’est Rio ?
Rio, oui et non… C’est bien sûr dans un coin de ma tête, mais il faut d’abord que j’évalue la résistance de mon corps, pour voir un peu comment évoluent mes douleurs aux genoux. Je n’ai pas subi une préparation normale pour ces championnats d’Europe. L’objectif de l’année, ce sont vraiment les championnats du monde. Au terme de cette échéance, selon mon état de forme, je serai fixé sur la possibilité de continuer encore un an et demi au taquet.

Justement, comment s’est déroulée ta préparation ?
J’ai repris l’entraînement il y a de ça 5 mois. Je n’ai pas fait beaucoup de charges lourdes, mais surtout du geste, beaucoup de séries, de répétitions à faibles charges pour refabriquer le muscle, réhabituer les tendons aux efforts. Du coup, la préparation n’est pas optimum. Ça a bien répondu et au final, ça m’a bien convenu. Je n’aime pas les scenarii de montées sur grosses charges, enchainer des gammes, trop m’affuter. Je préfère faire des doublés. C’est sûr que si j’avais eu 2 mois de plus de préparation, cela aurait été bienvenu quand même, mais bon… on va y aller et avec l’objectif de faire une médaille. Je vise le podium sur ce retour.

Sans l’haltéro, je ne sais pas ce que j’aurais pu faire

Anaïs Michel

Pendant ton absence, comment a évolué le groupe France ?
J’ai toujours suivi le groupe, sur les stages notamment, pour garder contact. Au niveau des filles, il n’y a pas trop de nouveautés, surtout de la progression. Anaïs Michel a fait de bons résultats l’an passé, Manon Lorentz aussi. Il y a un nouveau chez les hommes, Redon Manuschi. Il est en moins de 94 kilos, c’est un très bon arracheur, originaire de Bordeaux, comme moi. Je pense que ce sera le meilleur Français à l’arraché de tous les temps. A part ça, il n’y a pas trop de nouveauté dans l’équipe de France. C’est un bon collectif, une équipe très forte. Ils peuvent avancer dans la hiérarchie mondiale, et pour cela, il n’y a pas de secret, ça passe par le travail, il faut qu’ils s’entrainent dur, encore et encore.

Quel est ton meilleur souvenir en carrière ?
Mon meilleur souvenir d’un point de vue sportif, c’est l’ambiance des championnats du monde à Paris en novembre 2011. Au-delà du résultat, du fait de monter sur un podium [Benjamin avait décroché l’argent de l’épaulé jeté et au total. NDLR], c’est vraiment ce que je retiens. Il y a avait une telle ambiance !... J’ai vraiment pris énormément de plaisir.
Mais si je dois retenir quelque chose, c’est surtout que ce sport m’a vraiment aidé dans la vie. Sans l’haltéro, je ne sais pas ce que j’aurais pu faire en fait. Est-ce que j’aurais mal tourné ?… je ne sais pas, mais je dois beaucoup à l’haltéro., c’est certain.

Si tu devais changer quelque chose sur ton parcours, de sportif, d’homme ?...
Si je devais revenir en arrière, je changerais quelques trucs avant Londres, sur des aspects qui ne se sont pas très bien passé lors de la compétition, mais à part ça, rien.

Trois mots pour te décrire ?
Courageux, travailleur, passionné. Et un quatrième : militaire, parce que l’Armée m’aide vraiment beaucoup, pour l’entraînement, l’aménagement du travail…

A bout de souffle avec Benjamin Hennequin


A bout de souffle avec Benjamin Hennequin par franceolympique

Benjamin HENNEQUIN | Haltérophilie

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