Vincent Descombes Sevoie : "Réaliser des coups d’éclats"

Interview
Vincent Descombes Sevoie dans les airs
Partagez

L'hiver n'est pas encore là et pourtant, le grand cirque blanc reprend ses droits au fil des semaines. Le week-end prochain, à Klingenthal (Allemagne), ce sera au tour des sauteurs à ski de lancer leur saison de Coupe du monde. Côté tricolore, en l'absence de Ronan Lamy-Chappuis, forfait pour cette étape, seul Vincent Descombes Sevoie prendra son envol. Entretien bleu en haute altitude...

Comment te sens-tu à l’approche du début de saison de Coupe du monde en Allemagne le week-end prochain ?
Bien pour l’instant. On a bien travaillé ces derniers temps. C’est vrai que c’est une période pas évidente parce qu’il fait trop froid pour pouvoir sauter sur la céramique et il n'y a pas assez de neige, il ne fait pas assez froid pour pouvoir sauter sans précipitation. On a fait un stage la semaine dernière à Chaux-Neuve avec un élan en glace, c’est ce que l’on utilise maintenant presque 30% du temps sur les tremplins de Coupe du monde. Et il nous reste encore la réception en plastique. Dans l'ensemble, le stage s’est bien passé et les sensations sont bonnes en général. Maintenant, il faut trouver encore plus de régularité pour avoir un peu plus de confiance. Mais je suis quand même satisfait du niveau que j’ai réussi à avoir durant l’été.

Je suis satisfait de la préparation, du travail effectué

Donc globalement satisfait de ta préparation ?
Oui, même si ça a un peu évolué, notamment parce que l’on on a changé d’entraineur. L’optique et les objectifs ont été un peu différents. On a fait beaucoup plus de sauts cet été et je suis pour ma part satisfait de la préparation, du travail effectué. Après, je sais ce que ça a donné par rapport aux autres Nations cet été, mais il reste à confirmer ce qu’il en est sur le circuit. C'est maintenant que l'on va savoir s'il y a encore des choses à modifier. Pour le moment, je suis plutôt satisfait et content oui.

Quels sont tes objectifs cette saison ?
Je fonctionne un peu étape par étape. Le premier gros objectif ce sera d'obtenir un maximum de points rapidement afin d'être sûr de pouvoir participer à la Coupe du monde de vol à ski. Désormais, avec la nouvelle règle, il faut au moins un point pour pouvoir y prendre part. La première étant le 9 janvier, ça laisse 7-8 compétitions pour engranger. C'est le gros objectif. Dès que j’aurais un minimum de points, je pourrai déjà relâcher un peu à ce niveau-là. Après, je ne me fixe pas d'objectifs précis. C’est sûr que les Mondiaux sont une échéance importante, mais je fonctionne comme ça, je procède compétition par compétition. Toutes les épreuves sont finalement assez importantes. Je préfère dans un premier temps vite marquer des points pour être soulagé en sachant que les compétitions de vol à ski sont acquises, et ensuite faire de mon mieux sur toutes les Coupes du monde, me montrer un maximum et réaliser, je l'espère, des coups d’éclats sur certaines.

Retour en arrière... Ta non-participation aux Jeux de Sotchi est-elle derrière toi ?
Non ! Ce n’est pas digéré. Pour être honnête, c’est quelque chose qui ne passe pas et qui ne passera jamais. Pour moi, il y a eu une grosse injustice. Après, je suis aussi assez grand pour passer outre, pour avancer et continuer ma carrière dans les meilleurs conditions. Ça sera néanmoins toujours ancré en moi parce que les Jeux, c’est un objectif majeur dans une carrière d’athlète, primordial, et le fait de m’avoir enlevé ça, ça reste en travers de la gorge.

Du coup objectif Pyeongchang 2018 pour un rebond olympique ?
Oui… On verra, c’est loin. Chaque année on a de gros objectifs, l’année prochaine il y a les championnats du monde de vol à ski. En saut à ski, on a de quoi s'occuper chaque année. Après, Pyeongchang, on verra. Il faut d'abord se concentrer sur les objectifs à court terme. Sur le long terme, je vais voir saison par saison. J’y pense un petit peu mais vu ce qu’il m’est arrivé récemment... Parce qu’en sortant de Vancouver, en 2010, je pensais déjà à Sotchi. Je ne veux pas revivre deux fois la même chose. Ma saison commence ce week-end et elle est longue. Après, Pyeongchang c'est dans quatre ans, j’ai bien le temps de voir venir.

C’est l’ambiance qui m’a plu

Comment as-tu démarré la pratique du saut à ski ?
Dans ma vallée, aux Houches, il y avait un club avec une section sportive très homogène et une section saut très motivée. Et il y avait les tremplins surtout. En général, dès que l’on a un tremplin en France, il y a un gros club autour. J’ai eu la chance d’habiter dans ce village des Houches où il y avait à la fois un tremplin et un club avec des gens motivés. Le peu d’habitants a fait que le bouche à oreille est passé rapidement et je me suis vite retrouvé dans le saut. C’est l’ambiance qui m’a plu par rapport au ski alpin. On était moins nombreux et je prenais plus de plaisir donc je me suis fondu là-dedans assez naturellement.

Une question que se pose forcément tous les non-initiés... Que ressent-on là-haut, lorsque l’on plane dans les airs ?
Disons qu’on ne pense plus à rien. On a certes un objectif dans le saut et il ne faut pas se remplir la tête de plein de choses, mais le saut à ski est plutôt un vol libre et ça nous permet de quitter un instant le sol et la terre. Alors oui, on pense un peu, avant de monter sur la barre d’élan, aux deux trois choses importantes qu’il faut régler pour avoir un saut optimum. Après, honnêtement, lorsque je suis en l’air, je ne pense à rien la plupart du temps. Mais, parfois, la pensée qui émerge, c’est le fait d'aller le plus loin possible et de me faire plaisir.

Quel est ton meilleur souvenir en carrière ?
Le record de France. En 2012, le week-end des championnats du monde de vol à ski, j’ai battu le record de France deux fois. C’était Emmanuel Chedal qui le détenait. J'ai d'abord sauté 222,50 mètres avant de faire 225 mètres le lendemain. J’étais dans une bonne période.

M'approcher le plus près possible du record du monde

Quel est ton rêve le plus fou ?
J’en ai plusieurs en réalité. On va dire battre à nouveau le record de France et m’approcher le plus près possible du record du monde. Et pourquoi pas monter sur un podium en Coupe du monde.

Vincent DESCOMBE-SEVOIE | Saut à Ski | Le Mag' des Bleus | Actualités

Newsletter

Olympic Channel (en Français !

Twitter #espritbleu


  •  Française des jeux
  •  Air France
  •  Club Med
  •  Decathlon
  •  France Télévisions
  •  BPCE
  •  Mutuelle des Sportifs
  •  Groupe VYV
  •  Lacoste
  •  MAIF
  •  RMC