Simon Gauzy : "En pleine confiance"

Interview
@FFTT
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Les tournois de qualification olympique de tennis de table féminin et masculin se dérouleront à Halmstad (Suède) du 12 au 16 avril. Quatre français tenteront de décrocher leur ticket en individuel pour Rio. Simon Gauzy, numéro 1 français, nous livre ses objectifs en individuel et par équipe pour cette année olympique. Entretien...

A quelques jours du début du tournoi de qualification olympique, dans quel état de forme et d’esprit te trouves-tu ?
Je suis en très bonne forme. Ma saison a débuté en juillet, je n’ai pas eu de repos. C’est une saison très dense pour les joueurs, notamment pour moi... mais je me sens en forme ! Jusqu’à présent, je réalise une super saison, donc j’arrive sur ce TQO en pleine confiance. Bien évidemment, j’irai en Suède avec un état d’esprit très positif en espérant me qualifier pour Rio.

Mon objectif est bien entendu de me qualifier dès ce TQO

Quels seront tes objectifs précis lors de ce TQO ?
Mes objectifs sont clairs, je suis tête de série n°7 et il y a 10 places qualificatives pour les Jeux Olympiques. J’espère donc décrocher une de ces places. Mes bons résultats de ces derniers temps me permettent tout de même de conserver une chance de me qualifier même si ça se passait mal dans cette compétition. Néanmoins, je n’ai aucune envie de compter sur ça, mon objectif est bien entendu de me qualifier dès ce TQO.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur la formule de ce TQO et les conditions que tu devras remplir pour te qualifier aux Jeux Olympiques de Rio ?
Il y a 10 places en jeu. En tant que tête de série, je suis dispensé de la première étape du tournoi. Dans la seconde étape, il restera 64 joueurs, répartis en 8 tableaux de 8 joueurs. Chaque vainqueur de tableau obtient son billet pour Rio. J’ai donc trois matches de suite à remporter pour gagner mon tableau et obtenir ma place aux Jeux. Dans le cas contraire, il y a une troisième étape avec les deux dernières places à gagner : les 56 joueurs restant sont répartis dans deux tableaux. Les deux vainqueurs de ces tableaux seront qualifiés pour les Jeux.

Le tirage au sort n’a pas encore eu lieu, y a-t-il des adversaires que tu préfèrerais éviter ?
Oui, il y a toujours des joueurs que l’on aime moins jouer que d’autres. Il arrive que certains jouent très bien malgré un classement inférieur. Je suis dans les 8 premières têtes de séries, je serai donc dans le tableau d’une tête de série comprise entre 9 et 16. La tête de série n°9 joue très bien (le Suédois Kristian Karlsson), donc ça serait plus simple pour moi de tomber dans le tableau de la tête de série n°16. Le tirage au sort va avoir son importance. Il faudra également que je rentre rapidement dans mon tournoi, puisque mon premier match sera contre un adversaire qui aura déjà joué dans la première étape de ce TQO.

C’est toujours compliqué pour mes adversaires de garder la même tactique. J’arrive souvent à trouver une solution.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur tes points forts et tes points faibles ?
Mon point fort, c’est justement de n’avoir que peu de points faibles. Je suis un joueur assez complet. Tactiquement, c’est assez difficile de jouer contre moi. J’ai la chance de pouvoir m’adapter à tous les systèmes de jeu. C’est toujours compliqué pour mes adversaires de garder la même tactique. J’arrive souvent à trouver une solution. Là où je suis moins bon, c’est sur la remise de service coté coup droit. C’est un domaine où je fais un peu plus de fautes que certains joueurs.

Tu évolues en Allemagne depuis 2013, qu’est-ce que ça t’a apporté ?
Je n’avais que 18 ans quand j’ai décidé de partir en Allemagne. Cela faisait déjà 6 ans que j’étais à l’INSEP, et j’avais envie de voir autre chose. Depuis mes débuts dans ce sport, j’ai toujours été attiré par la ligue allemande. Le niveau par rapport à la ligue française n’est pas forcément supérieur, mais l’engouement autour de ce sport y est complètement différent. Au-delà des matches à pression que nous jouons chaque week-end, il y a également un centre d’entrainement qui est vraiment très professionnel. Il y a beaucoup de joueurs étrangers qui viennent ici avec des niveaux différents mais un objectif commun : réussir à sortir le meilleur de leurs capacités. Du coup, ça crée un groupe avec des affinités, et où l’on se tire vers le haut les uns les autres. Il existe toujours une rivalité entre nous qui nous permet de nous tirer vers le haut. En France, c’est un petit peu plus difficile. Ici, on est dans une petite ville de 10 000 habitants, on pense et on vit « ping » en permanence. Le soir, au lieu d’aller boire des coups de temps en temps, on va faire des services ! Toute cette atmosphère et cet environnement m’ont beaucoup apporté. En plus de ça, j’ai mon entraineur depuis que je suis tout jeune, qui est ici avec moi.

Les prochaines années et même dès les Jeux Olympiques, nous pouvons créer la surprise par équipe.

Concernant l’épreuve par équipe, vous avez brillé lors des championnats d’Europe (3e) et des Jeux Européens (2e) en 2015 et plus récemment lors des Mondiaux 2016 (5e)… est-ce que les Jeux de Rio sont déjà dans vos têtes ?
Avec l’absence d’Adrien Mattenet (n°2 français) lors des dernières compétitions, je me suis retrouvé comme le réel leader de l’équipe. C’était la première fois pour moi lors du championnat d’Europe. J’avais entre 20 et 21 ans. C’est un peu compliqué de devoir mener une équipe lorsque l’on est aussi jeune. Ça s’est bien passé aux championnats d’Europe et aux Mondiaux. Manu (Lebesson) et Adrien (Mattenet) avaient fait du bon boulot à Bakou en juin lors des Jeux Européens 2015 où l’on avait remporté une belle médaille d’argent. C’est à ce moment-là qu’il y a eu un déclic. Avant Bakou, nous avions eu des résultats assez moyens, que ce soit en individuel ou en équipe. Ce déclic nous a vraiment fait du bien. Aux championnats d’Europe, même sans Adrien, on a décroché une belle médaille de bronze. Nous avons réussi à confirmer nos bonnes performances lors du championnat du monde en atteignant les ¼ de finales. Nous aurions signé pour ce résultat avant la compétition, mais nous sommes tout de même repartis déçus : nous avions eu une balle de match qui nous aurait offert la médaille de bronze...

Aujourd’hui, Emmanuel et moi, nous sommes les deux leaders de l’équipe. Si nos résultats sont encore trop irréguliers pour prétendre jouer la médaille lors de chaque grand championnat, je pense que les prochaines années, et même dès les Jeux Olympiques, nous pouvons créer la surprise par équipe. Emmanuel est très performant en équipe, beaucoup plus qu’en individuel. C’est un format qu’il affectionne particulièrement. Les matches sont plus courts (3 manches gagnantes au lieu de 4 en simple), donc il peut donner encore plus. C’est un joueur très généreux, c’est pour ça qu’en équipe il est encore plus performant. Quant à moi, je suis de mieux en mieux au classement mondial (23e). Je commence à être craint par tout le monde. Tous ces éléments peuvent créer un bon équilibre et faire une bonne équipe. Même si le numéro 3 de l’équipe est encore un peu en dessous, j’espère qu’on pourra créer une belle surprise.

Si tu n’as encore jamais participé aux Jeux Olympiques, tu as remporté une médaille de bronze lors des Jeux Olympiques de la Jeunesse à Singapour en 2010. Quels souvenirs gardes-tu de cet événement mondial ?
J’en garde un super souvenir ! Je n’avais que 15 ans, et être dans un Village olympique, dans le "bâtiment France", c’était grandiose, même si on ne croisait pas d’Usain Bolt ! Tout était immense : le restaurant, la salle de 4 000 places pour le match où j’ai remporté le bronze. Je me souviendrai toujours du moment où je suis revenu au village dans le bâtiment de l’équipe de France. Tout le monde m’avait applaudi, c’était un super moment. J’aimerais bien revivre un tel moment dans ma carrière, mais aux vrais Jeux Olympiques cette fois !

Aujourd’hui, avec ton expérience et ton vécu, quels conseils de vie ou de jeu, donnerais-tu aux plus jeunes ?
Quand j’avais 15 ans, j’étais très nerveux, surtout quand je jouais. Je m’énervais beaucoup, j’avais un comportement assez désagréable avec tout le monde. Je me retrouvais dans des états de tension incroyables. Depuis je me suis calmé. Le conseil que je pourrais leur donner, ça serait donc de prendre un peu plus de recul, que ce soit dans les victoires ou les défaites. J’en ai beaucoup parlé avec mes coaches. Depuis, j’ai beaucoup progressé dans ce domaine. Aujourd’hui, si je devais me comparer avec le Simon de 2010, c’est ce changement qui me frapperait le plus.

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