Valladont : "Le potentiel est là"

Interview
Photo : World Archery
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Du 12 au 19 juin, la ville turque d"Antalya accueille la dernière Coupe du monde qualificative de tir à l'arc pour les Jeux Olympiques de Rio. Récent champion d'Europe, après avoir battu le jeune prodige turc de 16 ans, Mete Gazoz, en finale, Jean-Charles Valladont, évoque ce rendez-vous crucial...

Jean-Charles, c’est bientôt le tournoi qualificatif olympique d’Antalya, un TQO primordial…
Oui, nous arrivons sur la dernière chance pour obtenir des quotas pour les Jeux Olympiques. Il y avait eu le TQO aux championnats du monde l’an passé, les championnats d’Europe de la semaine dernière avec trois places individuelles à récupérer. Et personne n’a réussi à en décrocher.

Là, il y a ce dernier TQO, avec d’abord trois équipes qualifiables pour le monde entier. Il va y avoir un bon nombre d’équipes qui vont jouer ce TQO. Le but, c’est d’arriver dans ces trois premiers. Si on n’y arrive pas par équipe, Il y aura un dernier TQO individuel le lendemain. Trois à six quotas, selon les qualifiés de la veille qui pourraient déjà en avoir décroché un précédemment, seront remis en jeu. L’objectif sera alors d’arriver dans ces 3 à 6 premiers ; comme aux championnats d’Europe, mais au niveau mondial. Ce ne sera pas non plus une mince affaire, donc autant les récupérer par équipe, le plus vite possible.

Aller aux Jeux Olympiques à l’autre bout de la planète avec les collègues, c’est quand même autre chose que d’y aller tout seul...

Et comment le sens-tu, comment le sentez-vous ?

On a largement le potentiel avec notre expérience. Nous sommes deux fois vice-champions du monde en titre et une fois troisièmes. Là, on n’a toujours pas nos quotas, donc c’est vrai que si on veut aller aux Jeux Olympiques, il ne va pas falloir que l’on loupe la semaine prochaine.



La grosse chance que je vois, c'est surtout par équipe, parce que c’est quand même ce qu’il y a de plus simple. C’est aussi ce qu’il y a de mieux pour les Jeux Olympiques où cela nous donne deux chances de médailles, par équipe et en individuel. Et puis aller aux Jeux Olympiques à l’autre bout de la planète avec les collègues, c’est quand même autre chose que d’y aller tout seul.


On sait qu’on a le niveau. On essaye de ne pas penser à l’enjeu. La fédération nous protège de la pression que constitue cette qualification pour notre sport. Ils nous soutiennent, nous encouragent. On sait qu’on ne sera pas pendus en cas d’échec, mais on sait aussi qu'il y a 75 000 archers français derrière nous et qu’on nous fait confiance. On ne doit pas se voiler la face, on ne se pose pas de question : on sait qu’il faut aller chercher ce quota. Chacun doit voir les choses un peu différemment mais en tout cas, sur la motivation à décrocher la qualification, il n’y a aucun doute.

De ton côté, tu es prêt pour le tournoi ?
Je me sens bien. Ce week-end, en D1, j’égale mon record personnel et le record de France. J’ai passé la barre des 680. On n’est que deux Français à l’avoir fait. Ça fait du bien. La semaine dernière, je fais champion d’Europe, là, je réalise une performance…. Le potentiel est là, l’envie est là, la possibilité existe.

Ce titre européen a changé quelque chose pour toi ?

©FFTA

Un championnat d’Europe, en terminant premier des qualifications et en gagnant tous les matchs jusqu’au titre, ça met en confiance. Jusqu’à présent, j’ai toujours été plus fort en fin de saison. J’ai tendance à être en forme sur les fins de saison. Là, je suis prêt physiquement, psychologiquement beaucoup plus tôt que d’ordinaire. Ça met un peu de piment, on se dit qu’il y a la qualif. des Jeux à aller chercher, et après…

Mais pour le moment, il n’y a pas de quota, donc faut se concentrer sur cet objectif. C’est la réalité. Il y aura une quarantaine d’équipes à jouer ces trois places. On n’est pas à l’abri de perdre. C’est la loi du sport, il y a des vainqueurs, des perdants. On va donc tout mettre pour faire partie des premiers et c’est accessible.

Une préparation particulière est déjà envisagée en cas de qualification ?
Pas de gros changements en perspective. Ma préparation habituelle me convient parfaitement et a fait ses preuves. Si on a le quota, il n’y a pas de raison que ça change. Sur le papier, les Jeux Olympiques, c’est plus facile qu’un championnat du monde. Il y a 64 archers aux Jeux Olympiques, contre plus de 600 aux championnats du monde…

Mais bien sûr, ce sont les Jeux Olympiques. J’ai vécu deux Olympiades, je vois ce que peut représenter cette pression médiatique, le poids de ce rendez-vous. Après, il faudra se concentrer sur l’objectif. Il y aurait une compétition à remporter, à Rio. Il faudra juste adapter la préparation aux sollicitations et prendre en compte la dimension de l’événement.

En tir à l'arc, n’importe qui peut arriver à te faire tomber...

Ces dernières années, tu te stabilises au plus haut niveau mondial. Tu penses être parvenu à maturité ?

Cela fait 10 ans que je suis à l’INSEP, que je fais toutes les saisons avec l’équipe de France à l’exception de 2012, où mon début de saison en méforme m’avait valu d’être écarté de la sélection. J’ai rebondi en faisant autre chose, mais je suis resté dans le coup. Je dois être classé maintenant 5e au classement mondial. Cela commence à prendre, à se solidifier.


Dans un sens heureusement que l’expérience et la maturité portent leurs fruits. Après 10 ans, si je stagnais ou si je m’ennuyais, cela fait longtemps que j’aurais abandonné. Là ce n’est pas le cas. Je prends toujours autant de plaisir en me rendant à l’entraînement le matin, même après 10 ans, voire plus. Au final, ça paye. Quand tu arrives sur un terrain de finale ou de qualification, il y a un petit peu moins de stress. Tu y vas avec plus de sérénité. Tu ne sais pas vraiment ce qui va se passer, mais il n’y a pas de raison d’avoir peur.

Après cela reste la dure loi du sport, surtout du tir à l’arc. Cela peut être très rapide. Il n’y a pas de repêchage ou de match de poule pour nous. C’est mort subite. Si tu tombes sur quelqu’un qui sort les neuf flèches de sa vie contre toi, tout espoir est fini. N’importe qui peut arriver à te faire tomber, en qualification comme en finale. C’est ça qui me plait au tir à l’arc aussi. Tu n’es jamais à l’abri.

Quid du tir en campagne, tu continues ?

C’est une question qui va se poser. Normalement oui. J’ai fait trois grandes compétitions officielles en campagne. Les championnats du monde à Val d’Isère en 2012, que j’ai remporté, ensuite les Jeux mondiaux 2013 à Cali, que je gagne également, et enfin en 2014, je fais vice-champion du monde à Zagreb.



Cette année, il y a de nouveaux championnats du monde - à Dublin, du 27 septembre au 4 octobre - et oui, j’espère y aller. Si j’ai bien suivi, pour le cas où j’obtiendrais ma qualification olympique, je pourrais accéder aux championnats du monde sans passer par la qualification. Si je ne vais pas aux Jeux, la question se posera de la fin de saison, me lancer pleinement dans la campagne ou pas, préparer la saison prochaine… ? Pour le moment je n’en sais rien mais aller à ces championnats du monde sera quand même mon objectif passé Rio.

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