Loic Costerg : "C'était pour s'amuser"

Interview
Romain Heinrich et Loic Costerg
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Ce soir, les F1 des sports d'hiver débouleront à toute vitesse dans la piste de Sanki. Absents à Vancouver, les Tricolores seront cette année présents en force, avec un équipage en bob à deux et deux en bob à quatre. Doublement pilote sur ces Jeux Olympiques, Loic Costerg a réussi son pari... Il parle de son parcours et dévoile les coulisses de sa discipline.

Pouvez-vous nous décrire les spécificités du rôle de pilote au sein d’un équipage et comment le choisit-on ?
Avant toute chose, comme son nom l’indique, le pilote, c’est celui qui dirige l’engin. C’est généralement un pilote débutant qui est à la base de la formation d’un équipage. Dès qu’il atteint un certain niveau de performance, il part à la recherche de pousseurs. C’est le schéma le plus classique. Pour ma part, cela s’est passé de cette manière.

Vous avez donc toujours été pilote ?
Oui, en effet. J’ai commencé assez tardivement le bobsleigh, à l’âge de 21 ans. De toute façon, à l’époque, la pratique n’était pas autorisée avant 18 ans. Au départ, je m’y suis intéressé avec 3-4 copains. On a eu l’envie d’essayer. Tout simplement. Je n’avais pas du tout à l’esprit de faire de la compétition, c’était vraiment pour s’amuser, dans un but de loisir. Nous nous sommes tous testés au pilotage, mais après environ 2 ans, les dirigeants de mon club, le CBLS de la Plagne, ont considéré que j’avais certaines qualités pour ce poste. C’est comme cela que j’ai commencé à faire des écoles de perfectionnement sur des pistes étrangères et mes premières compétitions internationales.

On a eu l'envie d'essayer, vraiment pour s'amuser

Quelles sont les différences entre piloter un bobsleigh à 2 et un à 4 ?
C’est très similaire en fait. Pour une pratique loisir, il n’y a même quasiment aucune différence. Dans une optique de performance par contre, des différences significatives existent. Le bobsleigh à 2 est un engin plus maniable et dirigeable, qui réagit beaucoup plus vite, notamment parce qu’il est moins long et lourd. Dans un bobsleigh à 4, a contrario, il faut plus anticiper et la marge d’erreur est réduite. L’engin est plus stable cependant à cause de son poids : 630kg avec l’équipage lors d’une descente, cela amène forcément une certaine stabilité.

Est-ce commun dans le milieu d’être le pilote attitré de 2 équipages ?
La majorité des pilotes fait les deux spécialités. Généralement, on commence par le bobsleigh à 2 et, au fil de l’apprentissage et de l’acquisition de l’expérience, on passe aussi sur le 4. Aujourd’hui, presque 100% des pilotes pratique les deux disciplines.

Un bon pilote est-il forcément un pilote expérimenté, avec de la bouteille ?
A l’heure actuelle, les meilleurs mondiaux ont tous 30 ans. Très peu atteignent leur pic de performance avant cet âge, tout bêtement parce que, à mon sens, la progression passe par l’accumulation des descentes, et cela ne peut se faire que durant l’hiver. Toute la période estivale est, elle, dédiée à l’entraînement physique et non au pilotage. Tout pilote s’améliore grâce à l’expérience et encore plus en bobsleigh à 4.

Qu’est ce qui fait qu’un bobsleigh est différent d’un autre ?
D’apparence, un bobsleigh est un bobsleigh en effet. Descendre et arriver sur les patins, ce n’est pas difficile en soi. Cependant, pour chercher la performance, il y a énormément de différence d’un engin à un autre, la principale étant la géométrie du châssis qui modifie sensiblement le comportement dans les virages.

On ne vit pas du tout du bobsleigh

Comment se passe la vie quotidienne d’un bobeur français ?
Pilote ou pousseur, aujourd’hui un bobeur français ne vit pas du tout du bobsleigh. C’est même plutôt des sacrifices financiers qu’il doit consentir pour assouvir sa passion : congés payés ou sans solde pour ceux qui travaillent et mises à disposition pour ceux qui sont encore étudiants. En hiver, la pratique est intensive. Nous effectuons plusieurs descentes tous les jours et poursuivons l’entrainement physique. Le reste de l’année, c’est de la préparation foncière, musculation et sprint notamment, pour améliorer l’explosivité, la puissance, la vitesse. Le pilote, lui, doit aussi s’occuper de l’entretien et des réglages de l’engin et éventuellement tester de nouveaux matériels (patins, bob…) en vue d’une amélioration de la performance.

Loic COSTERG | Romain HEINRICH | Bobsleigh

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