L'histoire du CNOSF : plus d'un siècle au service du sport olympique français
06 juil. 2026
Le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) incarne les valeurs de l'olympisme et représente la France au sein du mouvement olympique international. Unique représentant du Comité International Olympique (CIO) sur le territoire français, il fédère l'ensemble des fédérations sportives nationales. Retour sur plus d'un siècle d'histoire, marquée par des transformations profondes et un engagement constant pour le sport et ses valeurs.

1894
Création du premier Comité Olympique Français par Pierre de Coubertin
1908
Création du Comité National des Sports par cinq fédérations sportives
1913
Le COF est rattaché au CNS
1972
Naissance du CNOSF, né de la fusion du COF et du CNS
Les origines : Pierre de Coubertin et la naissance du mouvement olympique français
La création du premier Comité Olympique Français (1894)
C'est Pierre de Coubertin lui-même qui institue un premier Comité Olympique Français (COF) dès 1894, placé sous la présidence d'honneur du ministre de la Marine, Félix Faure. Ce COF n'est pas pérenne : il ne comporte pas de statut et disparait après les premiers Jeux Olympiques modernes d'Athènes 1896. Convaincu du rôle éducatif et social du sport, Coubertin plaide lors des différents Congrès olympiques pour que l'activité physique occupe une place de choix dans les programmes éducatifs des pays, portant des valeurs universelles de fair-play, de respect et de dépassement de soi.
Les Jeux de Paris 1900 et les turbulences du mouvement olympique
Prévus à Paris en 1900, les deuxièmes Jeux Olympiques s'organisent dans une atmosphère chaotique. D'un côté, Alfred Picard, commissaire général de l'Exposition universelle ; de l'autre, Coubertin et son comité d'organisation composé d'aristocrates autour du vicomte Charles de La Rochefoucauld. Pour Picard, les Jeux de Coubertin ne sont pas conformes à l'esprit républicain, trop élitistes et anglophiles. Abandonné par l'Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques (USFSA), Coubertin est dépossédé de son idée olympique. En 1904, l'issue n'est guère plus positive : son Comité Olympique formé pour les JO de Chicago n'engage finalement aucun athlète, la ville de Saint-Louis ayant récupéré les Jeux au détriment de Chicago.
La naissance du Comité National des Sports (1908)
En 1907, à l'approche des Jeux Olympiques de Londres, Coubertin initie un nouveau COF. Mais l'espace concurrentiel des sports français est en pleine ébullition et son dirigisme ne convainc plus. Le 23 mai 1908, cinq fédérations s'unissent — l'USFSA, l'Union Vélocipédique de France (UVF), la Fédération Française des Sociétés d'Aviron (FFSA), la Fédération Française de Boxe (FFB) et la Fédération Nationale d'Escrime (FNE) — pour créer le Comité National des Sports (CNS). Le CNS force un accord avec Coubertin et obtient le pouvoir de qualifier les athlètes aux Jeux Olympiques. Le COF de Coubertin devient caduc au profit du CNS et de son premier président, Léon Duvignau de Lanneau.
L'évolution du CNOSF au fil des décennies
Le rattachement du COF au CNS (1913)
À la veille des Jeux Olympiques de Stockholm en 1912, des tractations se réactivent pour le contrôle du Comité Olympique Français. Afin d'éviter qu'un comité extérieur au CNS ne se forme, Léon Duvignau de Lanneau institue une commission olympique le 27 mai 1911. Frantz Reichel amende l'idée et propose des statuts validés le 15 février 1913 : le COF devient permanent, mais reste sous la tutelle du CNS. Son président, le comte Justinien Clary — surnommé le « premier tireur de France » — présidera également le comité d'organisation des JO de Paris et Chamonix 1924.
La séparation et la période de l'entre-deux-guerres (1925–1947)
En 1925, le CNS et le COF éclatent sur fond de divergence autour de la question de l'amateurisme. Le CNS, plus progressiste, accorde au COF des statuts propres. Le comte Clary conserve la présidence du COF, tandis que Gaston Vidal, ancien secrétaire d'État, est élu président du CNS. Il cède sa place au dirigeant du football Jules Rimet en 1931, qui reste à ce poste jusqu'à la mise sous tutelle du CNS par le Commissariat général à l'Éducation générale et aux Sports du régime de Vichy.
L'après-guerre : la longue présidence Massard (1947–1967)
Du côté du COF, l'escrimeur champion olympique et conseiller municipal de Paris Armand Massard est élu président en 1933. Il tient avec autorité la présidence jusqu'à sa démission en 1967, à quelques mois des Jeux Olympiques de Grenoble. Cette période voit la reconstruction du sport français après-guerre, la modernisation des structures fédérales et la montée en puissance des athlètes français sur la scène internationale.
La fusion historique : naissance du CNOSF (1972)
Le successeur d'Armand Massard, le comte Jean de Beaumont, est le dernier président du COF avant la fusion décisive. En février 1972, le COF et le CNS fusionnent pour donner naissance au Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF). Cette unification est fondatrice : la nature du CNOSF est désormais double.
D'une part, il constitue l'unique représentant du CIO sur le territoire français. D'autre part, il a vocation à unir en son sein les fédérations sportives françaises — et donc indirectement les clubs affiliés et l'ensemble des licenciés. Il est ainsi le représentant de l'ensemble du mouvement sportif français.
Le CNOSF aujourd'hui : un acteur central du sport français
Tout au long de son histoire, le CNOSF a développé un rôle pivot dans le soutien aux fédérations sportives françaises. En tant que représentant du mouvement sportif associatif auprès des pouvoirs publics et du CIO, il défend les intérêts des athlètes et accompagne les fédérations dans leur développement. Ce positionnement institutionnel, hérité de plus d'un siècle d'histoire, fait aujourd'hui du CNOSF un acteur incontournable de la gouvernance du sport en France.
Les présidents du CNOSF et de ses structures prédécesseurs
Présidents du Comité Olympique Français (COF)
- 1894 et 1899 – Pierre de Coubertin
- 1908 et 1911 – Léon Duvignau de Lanneau
- 1912 – Albert Glandaz
- 1913 – 1933 – Comte Justinien Clary
- 1933 – 1967 – Armand Massard
- 1967 – 1971 – Comte Jean de Beaumont
- 1971 – 1972 – Claude Collard
Présidents du Comité National des Sports (CNS)
- 1908 – 1909 – Léon Duvignau de Lanneau
- 1909 – 1910 – Marquis de Chasseloup-Laubat
- 1910 – 1911 – Albert Glandaz
- 1911 – 1912 – Duvignau de Lanneau
- 1912 – 1913 – Albert Glandaz
- 1913 – 1925 – Comte Justinien Clary
- 1925 – 1931 – Gaston Vidal
- 1931 – 1947 – Jules Rimet
- 1947 – 1967 – Alfred Eluère
- 1967 – 1971 – Pierre Graux
- 1971 – 1972 – Antoine Chiarisoli
Présidents du CNOSF
- 1972 – 1982 – Claude Collard
- 1982 – 1993 – Nelson Paillou
- 1993 – 2009 – Henri Sérandour
- 2009 – 2021 – Denis Masseglia
- 2021 – 2023 – Brigitte Henriques
- 2023 – 2025 – David Lappartient
- Depuis 2025 – Amélie Oudéa-Castéra
Questions fréquentes sur l'histoire du CNOSF
Quelle est la date de création du CNOSF ?
Le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) est né en février 1972, de la fusion du Comité Olympique Français (COF) et du Comité National des Sports (CNS). Ses origines remontent toutefois à 1894, lorsque Pierre de Coubertin crée le premier Comité Olympique Français.
Qui est le fondateur du mouvement olympique ?
Pierre de Coubertin est le fondateur du mouvement olympique moderne et l'initiateur direct du premier Comité Olympique Français en 1894, ancêtre du CNOSF. Sa vision du sport comme outil éducatif et ses valeurs — fair-play, respect, dépassement de soi — constituent le socle philosophique sur lequel repose encore aujourd'hui l'action du CNOSF.
Comment le CNOSF a-t-il évolué depuis sa création ?
Né en 1972 de la fusion du COF et du CNS, le CNOSF a renforcé progressivement son rôle de représentant unique du CIO en France et de porte-parole de l'ensemble du mouvement sportif français. Il accompagne aujourd'hui près d'une centaine de fédérations sportives, défend les intérêts des athlètes et porte les valeurs olympiques au-delà de la seule compétition.