Accompagner les familles de nos athlètes pour les Jeux Olympiques de Milan Cortina 2026

Jeux Olympiques10 févr. 2026

Parce que les éventuels soucis de leurs proches finissent toujours par rejaillir sur les athlètes, le CNOSF a mis sur pied un dispositif d’accompagnement des familles présentes sur les différents sites de compétition des Jeux Olympiques de Milan-Cortina. Le but : contribuer au bien-être des entourages afin de favoriser la performance des compétiteurs. Reportage à Milan.

Samedi 7 février, premier jour des Jeux Olympiques de Milan Cortina, dix heures du matin devant le château des Sforza, dans le centre-ville de Milan. Six heures plus tard, sa fille Violette Braun prendra le départ du 3000 m en patinage de vitesse. En attendant, Stéphanie Goetschy essaie de se changer les idées. « Les dernières heures avant la compétition sont longues aussi pour la famille, souffle-t-elle. Heureusement qu’on est venus à une dizaine, mon papa, ma sœur, des amis du club de Bischheim… Mais je vous avoue que si je profite de la sortie en groupe, j’ai l’esprit trop accaparé pour entendre vraiment les infos qui sortent de mon audioguide ! » Comme la maman de Violette, ils sont une cinquantaine ce samedi matin à prendre part à la visite guidée du centre de Milan proposée par le CNOSF aux entourages des compétiteurs – deux autres suivront, pour 25 personnes le mardi 10, et encore cinquante le vendredi 13, tandis que les proches présents sur les autres sites de compétitions bénéficient aussi localement du même accompagnement.

Parents, conjoints, enfants se trouvent ainsi être plus que bienvenus : ils font pleinement partie de la grande famille de l’Équipe de France. « En tant qu’ancienne sportive de haut niveau, je suis bien placée pour savoir combien il est important d’avoir ses proches autour de soi dans ce type d’échéances majeures, explique Astrid Guyart, vice-présidente du CNOSF, en charge des Équipes de France et des athlètes. Mettre les athlètes dans de bonnes conditions pour leur permettre de performer, ce n’est pas qu’une question d’équipement ou d’entraîneurs : c’est aussi s’assurer que les proches, ces alliés de l’ombre, se sentent bien. Si tel est cas, alors l’athlète se sentira serein de ce côté-là et pourra se focaliser pleinement sur sa compétition. »

Milan-Cortina 2026 marque une grande première au sein de l’Équipe de France en la matière : « Pékin 2022, c’était loin géographiquement et il y avait encore l’ombre du Covid ; Paris 2024, c’était à la maison et les gens avaient leurs propres méthodes d’organisation : ici, on s’est vite rendu compte que beaucoup de proches des athlètes allaient faire le déplacement, aussi on a décidé de les accompagner », contextualise Émeline Bouré, responsable des relations avec les athlètes en Équipe de France. Le CNOSF a dans un premier temps décidé d’assumer la prise en charge financière de deux billets d’accompagnants par athlète. Tous les proches se déplaçant en Italie ont par ailleurs reçu des dotations Équipe de France allant du combo écharpe – bonnet, de rigueur en cette saison, à la peluche pour les enfants. Et un groupe Whatsapp dédié a été créé, « afin de répondre à toutes leurs interrogations en matière de transports ou de billetterie, poursuit Émeline Bouré. Je leur communique aussi dessus le programme quotidien, et puis de leur côté ils se l’approprient pour échanger entre eux, se répondre, se donner des tuyaux... »

Chez les proches aussi, « instaurer un sentiment d’appartenance à l’Équipe de France »

Tel est d’ailleurs un autre enjeu de la démarche : « Exactement comme pour les athlètes, on cherche à instaurer parmi leurs proches un sentiment d’appartenance à l’Équipe de France. Aujourd’hui, cette visite a réuni des gens issus du hockey sur glace, du patinage de vitesse sur piste longue et du short track. La plupart ne se connaissent pas, ou peu, et ce séjour à Milan est l’occasion de tisser du lien. » Et même quand on a déjà eu occasion de se fréquenter, c’est toujours un plaisir de se retrouver, à l’image de Steven Catelin, le conjoint de la hockeyeuse Léa Villiot, et Guillaume Mameri, frère de la gardienne des Bleues Margaux : « On se voit de loin en loin, on se connaît pour s’être croisés aussi sur la glace, mais jamais au point de passer vraiment du temps ensemble. C’est trop cool que l’opportunité se présente dans le cadre des JO », décrit Guillaume tandis qu’il aide Steven à faire franchir quelques marches à la poussette dans laquelle se repose le petit Logan, bientôt trois ans.

« On serait venus quoi qu’il arrive, évidemment, poursuit Steven Catelin. Le rendez-vous est trop important dans la carrière de Léa. Mais l’aide concrète du CNOSF a été précieuse. Cela nous a beaucoup facilité la vie dans la logistique du séjour, et Léa a pu avoir l’esprit très tranquille vis-à-vis de tout ça. Elle part aux entraînements ou aux matchs sans avoir à se demander comment on se débrouille, comment on va faire si on a un souci… Déjà qu’avec les deux mamies qui sont venues aussi on n’était pas très inquiets, mais là elle peut vraiment être sereine en ce qui nous concerne : elle sait qu’on sera là, à la patinoire, pour l’encourager les jours de matchs, et qu’on n’est pas livrés à nous-mêmes le reste du temps ! »

Il est à présent midi. La visite s’achève devant le Duomo de Milan. Stéphanie Goetschy rend son audioguide. Il est l’heure à présent de se tourner entièrement vers « la » grande échéance du jour, et dans un premier temps d’aller récupérer les t-shirts et la banderole préparés pour l’occasion. Direction ensuite le Milano Speed Skating Stadium … En piste, comme Violette !