Arnaud Jean présente son rôle de chef de mission à Tarente 2026

Compétition20 août 2026

À l’occasion des Jeux Méditerranéens de Tarente 2026, Arnaud Jean, chef de mission de la délégation française, revient sur son rôle, ses responsabilités et les objectifs de l’Équipe de France pour cette XXe édition.

Arnaud Jean (deuxième en partant de la droite), chef de mission de la délégation française aux Jeux Méditerranéens de Tarente 2026 à la cérémonie d'accueil ©CNOSF/KMSP
Arnaud Jean (deuxième en partant de la droite), chef de mission de la délégation française aux Jeux Méditerranéens de Tarente 2026 à la cérémonie d'accueil ©CNOSF/KMSP

Comment définiriez-vous le rôle d’un chef de mission lors d’un événement multisports comme les Jeux Méditerranéens ?

Le rôle du chef de mission se trouve à l’articulation de nombreux enjeux. En interne, au sein de la délégation française, j’assure, avec le soutien et le travail des équipes de la direction du Haut Niveau, de l’équipe médicale et de la communication du CNOSF, la coordination de la présence des équipes de France pendant la compétition. Cette mission couvre toutes les dimensions propres à un événement sportif international : les inscriptions des athlètes et de leur staff, la logistique matérielle, les déplacements, les hébergements ou encore les transports sur place. Au sein du Comité national olympique et sportif français, j’entretiens également des contacts forts avec les équipes des fédérations concernées par les compétitions, leurs présidentes et présidents, et plus particulièrement avec les présidences présentes sur place. Il y a aussi des enjeux plus externes, comme la participation à l’Assemblée générale du Comité international des Jeux méditerranéens, qui se tiendra pendant ces Jeux et durant laquelle je représenterai le CNOSF. Il contribue également au rayonnement du sport français, à travers les échanges avec les représentants des 26 autres pays participants.

Quelles sont les principales responsabilités de ce rôle avant, pendant et après les Jeux de Tarente 2026 ?

Cette responsabilité m’a été confiée par le conseil d’administration du CNOSF et sa présidente, Amélie Oudéa-Castéra. Depuis plusieurs mois, et jusqu’au bilan de l’événement, je suis responsable du bon déroulement de ces Jeux pour la délégation française, composée de près de 330 athlètes. Elle est la deuxième plus importante délégation, après l’Italie, pays hôte. Cette responsabilité concerne tous les domaines de réalisation d’un tel événement international qui relèvent de la délégation : à la fois les aspects matériels de l’organisation et l’accompagnement humain de la délégation, avec une attention particulière portée à la lutte contre les violences, au bien-être psychologique des athlètes, à leur protection face aux réseaux sociaux, ainsi qu’aux enjeux d’inclusion.

Selon vous, quelles sont les qualités indispensables pour être un bon chef de mission ?

Je découvre pas à pas cette fonction. Il faut incarner l’esprit de la délégation. Il faut être disponible, à l’écoute, comprendre les sujets en s’appuyant sur les compétences autour de soi, et parfois savoir arbitrer et rendre compte. Je me rends compte qu’il faut une grande disponibilité, car depuis les derniers mois, les choses s’accélèrent dans la préparation de l’événement. Sur place, cette disponibilité doit être totale, car les sollicitations sont diverses et permanentes. Durant l’événement, le ou la cheffe de mission doit avoir des qualités relationnelles et aimer l’échange. Il faut aussi pouvoir incarner l’esprit du CNOSF, ses valeurs et ses projets. En cela, être administrateur de cette institution est un plus. Face à l’ampleur de la tâche, il faut savoir déléguer et s’appuyer sur l’équipe du CNOSF, qui est toujours au rendez-vous. Depuis Paris 2024, elle a encore gagné en qualité et fait partie, selon moi, des meilleures équipes au monde.

Dans un contexte d'événement multisports, comment fédérer l'ensemble de la délégation ?

Il y a des éléments très visuels et territoriaux qui peuvent créer cette unité, comme les tenues, la présence sur le village ou les espaces de délégation. Mais la multiplication des sites, des lieux d’entraînement et le rythme des compétitions peuvent aussi isoler les athlètes et leurs cadres. C’est pourquoi certains moments forts permettent de renforcer cette unité : la cérémonie de remise des clés du village olympique à la délégation française, les temps de célébration des médailles, et bien entendu les cérémonies d’ouverture et de clôture, qui sont toujours des moments très forts. Enfin, la délégation, avec ses bureaux, est de fait un carrefour de questions et de solutions. C’est aussi ce qui fonde l’unité de l’Équipe de France pendant un événement multisports.

Quels sont les principaux défis pour la délégation française aux Jeux de Tarente 2026 ?

Le principal défi est sportif ! Le Conseil d’administration du CNOSF a fixé un objectif clair : atteindre le podium des nations pour notre délégation française. L’enjeu est de maintenir un haut niveau de performance après Paris 2024 et Milan-Cortina 2026, et de rester dans la moyenne des médailles récoltées lors des précédentes éditions des Jeux Méditerranéens. Cet objectif doit permettre de maintenir le rang de notre pays dans le paysage sportif international.

Une partie de la délégation française à la cérémonie d'accueil des Jeux Méditerranées de Tarente 2026 ©CNOSF/KMSP
Une partie de la délégation française à la cérémonie d'accueil des Jeux Méditerranées de Tarente 2026 ©CNOSF/KMSP

Quels objectifs avez-vous fixés pour l'Equipe de France, au-delà du seul bilan des médailles ?

L’Équipe de France doit porter les valeurs de l’olympisme. La France occupe une place particulière dans l’histoire du mouvement olympique, une place qui a encore gagné en notoriété après le succès des Jeux de Paris 2024 et avec la préparation des Jeux d’hiver des Alpes françaises 2030. Bien entendu, l’Équipe de France doit aussi être particulièrement exemplaire et responsable au regard des menaces qui pèsent sur le sport et sur son éthique. Je pense notamment aux paris sportifs, mais aussi à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Pour cette XXe édition des Jeux Méditerranéens, le bien-être des athlètes, le respect de leur personnalité et de leurs choix seront au cœur de nos préoccupations et devront permettre cette excellence.

Quel message souhaitez-vous adresser aujourd'hui aux athlètes qui vont porter les couleurs de la France à Tarente ?

Comme chaque présidente et président de fédération sportive l’a fait pour ses équipes, comme la Présidente du CNOSF a pu le partager, je souhaite toute la réussite sportive possible aux athlètes, à leur encadrement et je veux aussi remercier toutes celles et tous ceux qui depuis des mois préparent ce très bel événement. Merci et pleine réussite à toutes et tous.

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