Conversation avec... Véronique Moreira, vice-présidente en charge de l'Education dans le cadre des grandes causes nationales

Photos USEP/CNOSF
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Présidente de l’Union sportive de l'enseignement du premier degré (USEP), Véronique Moreira a été réélue au sein du nouveau Conseil d’administration du CNOSF ainsi qu’au Bureau exécutif de Brigitte Henriques comme vice-présidente en charge de l’Education en tant que grande cause nationale. Conversation…

D’où venez-vous ?
De Seine-Saint-Denis, je suis née à Drancy. J'ai débuté comme enseignante dans ce département, en étant toujours orientée sur l'éducation physique et sportive, et j’y suis désormais inspectrice de l'Education nationale. J'ai fait tous les niveaux de classe et, j’ai plutôt travaillé dans les zones d'éducation prioritaire de Seine-Saint-Denis : Montfermeil, Clichy-sous-bois, Gagny…

Qu'est-ce ce qui vous a amenée à l’Éducation ?
A la base, j’avais la volonté de transmettre tout simplement. Transmettre aux autres, notamment aux jeunes, aux enfants m’a toujours motivé et cela continue de me passionner, y compris la formation pour adultes. Très tôt, j’ai été intéressée par les manières la manière dont on pouvait s'y prendre pour transmettre, motiver, fédérer.

Et le sport ?
Je suis basketteuse. J'ai toujours eu une licence de basket, depuis l'âge de 14 ans et j’ai joué en championnat jusqu’à mes 50 ans. J’ai été joueuse, entraîneur et dirigeante du club de Livry-Gargan, toujours en Seine-Saint-Denis. A l’origine, j’étais nageuse. J’ai fait de la natation pendant presque 10 ans et puis, à l'âge de l'adolescence, nager toute seule ne correspondait plus à mes à mes attentes - qui étaient d'être je voulais être avec mes copines. Donc, avec quelques-unes d’entre elles, on s'est inscrites au basket. Le fait de faire un sport collectif, un sport en équipe, correspondait à mes aspirations en tant qu’adolescente alors et je me suis investie dans le club.

A 16 ans, j'étais déjà secrétaire de mon club de basket.

J’ai de suite connu l'engagement associatif. A 16 ans, j'étais déjà secrétaire de mon club de basket. C'est donc arrivé très tôt et après ça s'est enchaîné. J'ai été entraîneur, j'ai passé le premier niveau de diplôme, et puis j'ai continué à participer à la vie du club.
Quand on a un sport de prédilection, les choses s’enchainent. J’ai donc une bonne connaissance de la pratique fédérée, d’autant plus que mes trois filles ont fait du basket à ma suite. Il y a quelques années nous jouions toutes les 4 dans la même équipe. Une de mes filles, Camille, a vécu la filière de haut niveau. Elle s'est arrêtée aux portes de l'équipe de France, mais a quand même suivi tout le parcours du haut niveau. Et puis, j'ai également un gendre qui est basketteur professionnel aussi, qui s'appelle Pape SY qui a joué au Mans, à Strasbourg et à Gravelines.

Signature d'une convention entre l'USEP et la FFBB

Et comment êtes-vous entré à l’USEP du coup ?
J'ai découvert l’USEP grâce à un conseiller pédagogique EPS, à Montfermeil/Clichy-sous-Bois. Il animait tout ce qu'il pouvait animer autour de lui en matière d’activités sportives et moi j'aimais le sport et je voulais organiser des activités pour ma classe. Il m'a proposé de la formation, des ressources pédagogiques, il m'a fait découvrir un réseau d'enseignants qui avaient également de l'appétence pour le sport, ce qui était important aussi. Et puis, j'ai participé à des événements sportifs qu’il organisait à l'époque, des rencontres sportives USEP, etc.
Ça m'a vraiment boostée en tant qu'enseignante, et j'ai poursuivi dans cette voie-là. Tout cela m’intéressait : organiser des événements, les concevoir, produire des ressources, travailler à plusieurs dans des groupes de travail, sur la maternelle, les sport co., etc. Tout cela m'a beaucoup intéressé ; j'ai continué à me spécialiser et puis naturellement je suis devenue conseillère pédagogique en EPS.

Et c’est via l’USEP que vous avez commencé votre histoire avec le CNOSF…
En 2002, l'Europe a décidé que ce serait l'Année européenne des valeurs de l’Olympisme et le ministère de l'Education nationale a créé un poste à l’USEP nationale pour s'en occuper. J’ai été sollicitée et j’ai donc intégré la direction nationale de l’USEP sur cette question, avec notamment des outils à produire. J’ai alors beaucoup travaillé avec le CNOSF et puis, en 2004, il y a eu les Jeux d’Athènes et nous avons poursuivi le travail de production autour de la culture olympique. On a initié les classes olympiques également. J’ai donc un historique avec le CNOSF avant même de faire partie de ses administrateurs ou d’être élue au Bureau exécutif, grâce à ces événements qui ont fédéré le CNOSF et l’USEP autour d’événements en lien avec Athènes 2004.

Comment avez-vous évolué au sein de l’USEP pour finalement accéder à sa présidence ?
En 2008, j'ai passé le concours d’inspectrice et je suis repartie revenue dans l'Education nationale. Pour moi c'était un besoin, ça faisait 8 ans que j'étais à l’USEP et j'avais le sentiment que je ne pouvais pas aller tellement plus loin. J'avais besoin de changement. Je suis restée en Seine-Saint-Denis en gardant cette volonté de dynamiser l’EPS dans les écoles et au niveau départemental. Je n’ai cependant jamais totalement quitté l’USEP, en continuant notamment à faire de la formation. Et puis, en 2012, j’ai été élue au comité directeur de l’USEP, vice-présidente en charge de la formation.

En 2016, je me suis finalement présentée à la présidence. Cela n’a pas été facile, la planche a été savonnée. On a remis en cause ma compétence, ma capacité à être politique, à savoir gérer un budget… le sort qui est globalement fait à toutes les femmes dès qu'elles veulent avoir un poste dans une fédération. Et tout cela m’a motivée plus encore. J’ai maintenu ma candidature et ai démontré que j’étais capable de mener une campagne politique… et j'ai été nettement suivie puisque j’ai été élue, puis réélue en 2020.

Le Conseil d'administration du CNOSF

Comment s’est passée la prise de fonction ?
La première chose à noter, je pense, c’est qu’au lendemain de mon élection j'ai demandé à être rémunérée à 100%, avec l’objectif de pouvoir être présidente à temps plein. je pense que l’USEP ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui si je n'avais pas eu cette possibilité. Précédemment, le président était bénévole, habitait en province et ne pouvait être sur Paris que de temps en temps.
Pour ma part, j’ai pu être pleinement présente et participer à toutes les réunions, à commencer par celles du CNOSF, celles des ministères, ce qui a permis d’avoir un bon niveau d'information. Et quand on dispose de toutes les informations, c’est plus facile de piloter sa fédération, on peut te confier des dossiers ou tu peux associer ta fédération à des dossiers, etc.

Être présidente à temps plein...

Cette rémunération du président est un point que je défends : pour vraiment réussir à améliorer le fonctionnement de sa fédération, la gouvernance, il faut que les présidents aient vraiment du temps à se consacrer à leur mission. Alors, ce n’est pas simple. Quand j'ai dit que je voulais être salariée par l’USEP lors de la première Assemblée générale, cela a été refusé d’ailleurs, considérant que la présidence relevait du bénévolat. C’est à l’occasion d’une deuxième Assemblée générale extraordinaire, après avoir bien expliqué mes motivations que la proposition est passée. Je pensais que la demande était légitime et serait bien reçue, mais pas du tout. Il y a un peu de défiance par rapport à l'argent, aux appétences des uns des autres, aux craintes de dérives.

Et vous intégrez alors de suite le Bureau exécutif du CNOSF…
Denis Masseglia m'a fait la proposition d’intégrer le Bureau. Il souhaitait développer les relations avec l'Education nationale et savait bien que c'était compliqué. Il n’y avait pas forcément de tensions avec le ministère de l'Éducation nationale, mais ce dernier ne se préoccupait pas du CNOSF. J'avais une bonne connaissance de l'Education nationale et j’ai accepté avec plaisir une lettre de mission qui consistait à renouer les relations avec l'institution, à faire vivre la convention Education par le sport signée en 2019 avec le ministère et qui formalisait ses relations avec le CNOSF. Cette Convention est très riche. Elle balaie un peu tout, aussi bien la formation des jeunes sportifs, que le développement de l'activité sportive en général, la question des enfants en situation de handicap ou la filière professionnelle.

Concrètement, quelle a été votre action à l’appui de cette convention ?
Le champ de la convention est très large et on a avancé petit à petit en mettant en place des actions précises. On a pu déjà augmenter les sections sportives. Cela a été une grosse avancée. Il y avait un peu tout et n'importe quoi. Maintenant, il y a une circulaire qui définit correctement ce qu'est une section sportive et on a constaté une augmentation du nombre de sections.
La création ou le renforcement de passerelles entre l'école et les clubs, notamment à travers la Carte Passerelle a permis de proposer une action concrète en ce sens. Ce dispositif est assez plébiscité par les fédérations qui constatent que l’on sort des bonnes intentions et des discours incantatoires pour entrer dans le concret.
Enfin, entretenir les relations avec les ministères impliquait la valorisation du projet éducatif des fédérations. Il y avait cette nécessité d'ouvrir l'école, à d'autres partenaires, à d'autres espaces, de travailler en synergie sur des actions éducatives. Mon rôle a donc aussi consisté à animer en ce sens la communauté éducative, aussi bien au niveau des fédérations sportives que de que de l'Education nationale pour justement acculturer les uns et les autres.

Cette communauté éducative, comment l’avez-vous animée ?
Avec le service Education du CNOSF nous œuvrons beaucoup sur cet important travail d’articulation et d’acculturation. Nous organisons notamment des séminaires Éducation avec les fédérations où on explique comment faire, pourquoi l’école est sanctuarisée, pourquoi on ne peut pas l’investir sans conditions, etc… On ne pratique pas un sport de club à l'école, on fait une activité sportive qui est adapté aux jeunes enfants et aux contenus scolaires. Dans leur grande majorité, les fédérations ont compris ça, mais il faut quand même les accompagner sur ce chemin de l’école.

Brigitte Henriques vous la rencontrez au Bureau exécutif du CNOSF ou vous la connaissiez précédemment ?
Je la connaissais d’avant, parce qu’elle s'occupait de l'opération « Foot à l'école ». C’est donc avec elle que l’USEP avait travaillé dans le cadre d’un partenariat avec la FFF. A l'époque, Brigitte Henriques faisait partie des personnes qui avaient compris que le foot ne pouvait pas rentrer à l'école comme ça mais que ça nécessitait de s’adapter, de prendre le temps de changer des représentations. Nous nous sommes très bien entendues sur ce partenariat et, ensuite, sur la dernière mandature de Denis Masseglia, effectivement, nous avons travaillé ensemble au sein du Bureau exécutif. Je pense qu’elle appréciait ce que je faisais, comme moi j'appréciais ce qu'elle faisait et, tout naturellement, elle m'a dit que qu'elle souhaitait que je puisse m’investir de nouveau sur les questions d'Education au sein du nouveau Bureau.

Des formations partenariales entre l'Education nationale, une fédération sportive, les fédérations de sport scolaire.

Et du coup, on continue comme avant ?
On est évidemment dans une continuité, avec cependant de nouvelles lignes qui émergent et qui vont un peu changer l'approche du CNOSF en termes d'Education.
Il y a continuité, puisque l’on pose des pierres petit à petit pour essayer de construire un édifice solide. Ce qu'on a déjà mis en place, va donc être prolongé et consolidé.
En revanche, il faut aller plus loin donc il va forcément y avoir des actions nouvelles, par exemple sur les formations. J’aimerais bien en effet mettre en place des formations partenariales entre l'Education nationale, une fédération sportive, les fédérations de sport scolaire. En mettant les trois entités autour de la table nous pourrions construire des formations en direction des enseignants du premier degré, mais aussi des professeurs d’EPS du second degré.
C’est en se réunissant ainsi que nous pourrons acculturer tout le monde, nous mettre d'accord sur les objectifs, la manière de nous y prendre. Comment on adapte l'activité ? Comment on arrive à avoir des objectifs partagés mais dans le respect de chacune des parties ? L'objectif, c'est de pouvoir offrir des formations aux enseignants. Et ces derniers en ont besoin, notamment dans le premier degré, parce qu'il n’y a plus de formation EPS. Il y a vraiment un défi à relever. Ces formations permettraient aux fédérations de faire une passerelle supplémentaire avec l’Ecole. Et pour l’Education nationale, ça permettrait d’accroitre sa capacité à s'ouvrir à d'autres partenaires mais dans un cadre maîtrisé.

Le mois de septembre, traditionnellement incontournable pour l’inscription des enfants va être crucial cette année…
Le mois de septembre va s’accompagner d’un objectif fort autour de la relance de l'activité, que ce soit au niveau de l'USEP puisqu'on a eu moins 40% de licenciés des suites de la crise sanitaire – et c’est d'ailleurs pareil dans les autres fédérations de sport scolaire – qu’au niveau des clubs fédérés.
Dès la rentrée, on va donc mettre le paquet sur la relance de l'activité, sur la Carte Passerelle, sur le Pass’Sport, sur la Journée nationale du sport scolaire, sur peut être encore d'autres choses mais ce qui est sûr c’est qu’il va falloir relancer l’activité dès septembre.

Les enseignants renouvellent leur affiliation au mois de septembre en se disant qu'ils vont participer à de nombreux événements sportifs. Mais si ces perspectives sont trop limitées, on va avoir subir encore une baisse de prise de licence. C’est pourquoi le travail politique consiste à faire en sorte que le protocole sanitaire soit le plus simple possible. De toute façon, il faudra coûte que coûte relancer l'activité durant ce mois et s'adapter au contexte, au protocole sanitaire.

Immédiatement après, se tiendra la finale des premiers Jeux des Jeunes, initiés par le CNOSF.
Tout comme le label Génération 2024, les Jeux des Jeunes s’inscrivent dans l’héritage Paris 2024…
Pour cette première édition, dans le contexte du Covid-19, nous ne pouvions pas passer par des rencontres sportives traditionnelles. Les collégiens de 5e et 4e ont donc été invités dans un premier temps à passer un test de forme et à répondre à un questionnaire destiné à donner une image de leur état de forme. Toutes les données recueillies – il y a quand même 18000 collégiens qui ont rempli le questionnaire – vont être étudiées par un professeur de l’AP-HP qui va synthétiser le tout et faire sortir une image de l'état de forme national des collégiens et de leur comportement alimentaire. Cela constituera également un point d'appui pour le CNOSF afin de d’inciter à la reprise de l'activité physique et sportive. Et puis il y aura en effet une finale au mois d'octobre, les 16 et 17, qui constituera une autre occasion de communiquer sur cette nécessité d'augmenter le volume d'activité physique et sportive chez les jeunes.

Pouvez-vous expliquer l’intitulé de votre titre de vice-présidente du CNOSF ?
Le rapport Juanico, sorti le 21 juillet dernier, fait le constat de la diminution de l'activité physique et, au contraire, d’une présence croissante devant les écrans. C’est donc une priorité et une grande cause nationale comme Brigitte a voulu l'inscrire dans son projet et qui se retrouve dans mon titre de vice-présidente en charge de l’éducation dans le cadre des grandes causes nationales. C’est une formulation qui interroge mais qui a un sens. La grande cause nationale c'est le fait que les enfants ne font plus de sport et qu’il y a une diminution de l'activité physique et sportive qui conduit à une sédentarité mortifère. Maintenant, il faut donc considérer l'activité physique et sportive des jeunes comme une grande cause nationale et je me retrouve assez bien dans cette façon de dire les choses.

En termes d’héritage pour Paris 2024, quelle est votre perspective pour l’USEP ?
Pour l’USEP, l'héritage de Paris 2024 doit être une réponse à la perte d'activité physique des enfants et au déficit de formation des enseignants en Education physique. Les opérations de communication, les grandes manifestations, on sait très bien faire. Sur la Semaine olympique et paralympique, notre animation, « Tous vers Tokyo » a fait courir 50 000 enfants. Mais ce qui anime l’USEP c’est d'ancrer l'activité physique et sportive de façon durable dans l’école, dans les écoles.

Avec le CNOSF, on va pousser dans le sens de la généralisation des associations USEP dans chaque école. Avec Génération 2024, nous sommes en train de labelliser toutes les associations USEP mais, au-delà de de ces labels, qui finalement touchent les écoles qui sont déjà sportives à nos côtés, il faut aller chercher les autres écoles, celles qui ne le sont pas.

Généraliser les associations USEP dans toutes les écoles...

Nous espérons, à cette fin, faire modifier le code de l’Éducation, pour généraliser les associations USEP dans toutes les écoles. L’association est animée par des enseignants volontaires qui s'engagent au sein de l’USEP et, tout en préservant cette identité propre à la Loi 1901, en conservant et en respectant l’esprit du volontariat et de l'engagement de l’USEP, il nous faut lever les obstacles administratifs. Le cadre juridique permettrait à un professeur des écoles ou une professeure des écoles qui aurait envie de monter une association et de dynamiser le projet sportif, qu’il ou elle puisse le faire quelle que soit la position des collègues, parce que cette possibilité de création serait prévue dans le code de l’éducation.

Et puis, de fait, si on veut que l'activité physique soit prise en compte dans le projet des écoles, il faut des référents, s’appuyer sur des professeurs des écoles volontaires, parce qu’ils ont de l'appétence pour l'activité physique, parce qu'ils ont fait des études STAPS ou parce qu'ils en ont simplement envie. Ce professeur des écoles deviendrait le référent du projet sportif de l'école. Il devrait dynamiser les 3 heures d’EPS ; animer l’association USEP en faisant participer les classes aux rencontres sportives ou en mettant en place des ateliers sportifs USEP le soir, après l'école. Sans compter qu’il devra créer des passerelles avec le monde sportif fédéré via les clubs de proximité. C'est énormément de travail c’est pourquoi on demande à l'Education nationale que ce professeur des écoles ait une décharge de temps, prise sur ses heures de service

Enfin, un dernier point que je tiens à évoquer concerne le Pass’Sport, dont la première mouture a exclu les fédérations de sport scolaire, pour privilégier un ciblage fort sur clubs sportifs. Avec l’UNSS nous allons faire des propositions pour que le fonds dédié au Pass’Sport puisse être utilisé au bénéfice des scolaires.

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