Rencontre avec Alain Carrière, président de la FFME
Jeux Olympiques19 févr. 2026
Pour la première fois de l’histoire, la Fédération Française de la Montagne et d’Escalade (FFME) est présente aux Jeux d’hiver, grâce au ski-alpinisme. Interview avec son président, Alain Carrière.
Alors que les épreuves de ski-alpinisme débutent ce jeudi 19 février avec le sprint individuel, nous avons rencontré Alain Carrière, président depuis cinq ans de la Fédération Française de la Montagne et d’Escalade (FFME). Avant de laisser la main après les Jeux à Sandra Berger, actuelle secrétaire générale, il se confie sur cette discipline encore confidentielle. Interview.
C’est la première fois que votre fédération est présente aux Jeux d’hiver, que ressentez-vous en tant que président ?
« C’est un aboutissement. On y travaille depuis longtemps avec la fédération internationale. C’est un sport qui attire de plus en plus. La version compétitive se développe depuis longtemps. C’est un immense plaisir de démarrer cette aventure qui est une étape et qui, j’espère, aura une suite en 2030.
La France a déjà battu son record de médailles. On imagine que c’est symbolique de débuter dans ces conditions…
On sait que les favoris ne gagnent pas toujours. Mais, avec le ski-alpinisme, on devrait compléter le tableau des médailles.
Qu’est-ce qui fait que le ski-alpinisme soit aussi spectaculaire ?
C’est une épreuve extrêmement exigeante physiquement. Que ce soit sur le sprint individuel ou le relais mixte, les épreuves des Jeux sont courtes, très lisibles et compréhensibles. Les athlètes partent par six, en même temps. C’est souvent très serré, ça se joue dans les montées et les manipulations. Sur le relais mixte, il y a beaucoup de manipulations. Perdre quelques secondes en enlevant les peaux de phoques ou en mettant les skis sur le dos peut coûter cher. On aime cette discipline car il y a des rebondissements et du suspense jusqu’au bout de la course.
Emily Harrop et Thibault Anselmet sont les fers de lance des Bleus. Est-ce important d’avoir de telles figures ?
Ce sont deux figures qui tirent le reste de l’équipe. Vainqueurs des gros globes de cristal depuis 3-4 ans, ils sont précieux et sont importants pour apporter de la visibilité à un sport peu connu. Je compte sur eux, mais aussi sur Margot Ravinel et Pablo Giner Dalmasso qui montent en puissance. On a une grosse équipe, solidaire, qui est au top de sa forme. La France est leader dans le ski-alpinisme depuis plusieurs années. C’est confortable d’avoir cette position pour disputer les Jeux Olympiques.
Il y a-t-il une ambition affichée sur ces Jeux ?
Oui, les ambitions sont élevées. Il y a trois podiums, on pourrait avoir plus que trois médailles, j’en suis convaincu.
Quel message aimeriez-vous passer à des jeunes qui hésitent à se lancer dans le ski-alpinisme ?
Regardez les épreuves des Jeux Olympiques ! C’est un sport qui a plusieurs facettes. Il y a les épreuves compétitives mais il y a beaucoup d’autres disciplines dans lesquelles on peut se faire plaisir. Thibault et Emily en parlent souvent. En dehors du format olympique, ils aiment aussi grimper des sommets en montagne et profiter du grand air. C’est un sport très nature ».