Tribune : Le sport est un investissement d'avenir, préservons-le !

Institutionnel20 sept. 2026

Avant l'annonce du prochain budget, la présidente du CNOSF, Amélie Oudéa-Castéra invite à considérer l'impact global du sport sur la société.

Parade des champions, Paris 2024. ©CNOSF / KMSP
Parade des champions, Paris 2024. ©CNOSF / KMSP

Le 14 septembre, la France a fêté le sport. Cette Fête nationale du sport, voulue par le président de la République au lendemain des Jeux de Paris 2024, a été l'occasion de célébrations partout sur le territoire. Au même moment, des millions de familles ont repris le chemin des clubs pour la rentrée sportive. Le sport n'a jamais occupé une telle place dans le quotidien des Français : ils sont désormais 61 % à le pratiquer régulièrement, sept points de plus qu'en 2018.

Chaque jour, dans un gymnase, une piscine ou sur un terrain, le sport agit sur la santé, l'éducation, la cohésion sociale, l'égalité des chances. Un enfant qui pratique un sport apprend à respecter une règle, un adversaire, et le sens du collectif. Chez les personnes âgées, la pratique d'une activité physique recule la perte d'autonomie. Pour des jeunes que les dispositifs classiques d'insertion peinent à atteindre, le sport agit comme un repère, parfois le seul cadre stable de leur semaine. La médecine elle-même s'en est saisie : l'activité physique adaptée se développe, aussi bien en prévention qu'en accompagnement du soin ; elle favorise la rémission de nombreuses pathologies. Peu de politiques publiques peuvent revendiquer, à elles seules, un impact aussi large.

Les collectivités territoriales le savent mieux que quiconque. Elles construisent et entretiennent les équipements, soutiennent les clubs, portent au quotidien cette politique de proximité aux côtés du mouvement sportif. Dans les quartiers comme dans les territoires ruraux, c'est souvent le club municipal qui reste le dernier lieu où se croisent toutes les générations et toutes les origines sociales. Cet engagement repose sur une conviction : les financements publics consacrés au sport servent l'intérêt général. Ils construisent un pays en meilleure forme, et plus uni. À l'heure où chaque euro public est compté, mieux vaut investir dans le sport aujourd'hui que payer demain, et plus cher, l'isolement, la sédentarité ou le décrochage qu'il aurait permis d'éviter.

Le sport pèse aujourd'hui plus de 2 % du produit intérieur brut français. C'est un secteur qui crée de l'emploi à un rythme que peu d'autres peuvent revendiquer, avec une croissance annuelle proche de 7 % portée par toute une chaîne économique : équipementiers, clubs, services, tourisme sportif, numérique, etc. Et il est attractif : 44 % des 16-25 ans déclarent vouloir y travailler. La France y ajoute un atout supplémentaire : un savoir-faire reconnu dans le monde entier pour organiser de grands événements sportifs internationaux. Paris 2024 en a offert la démonstration la plus éclatante. C'est, en somme, une filière économique qui s'exporte, inspire, et l'un des secteurs dans lesquels la France rayonne le plus à l'international, renforçant notre économie et notre influence.

Et ce que le sport donne ne se mesure pas que dans des tableaux chiffrés. Les nuits de liesse devant un stade, les rues pavoisées, les enfants qui rejouent la finale sur le trottoir en sortant de l'école : rien ne produit un tel mélange de bonheur intérieur brut et de fierté nationale. Face au récit du déclin, le sport impose le sien : celui d'une France qui gagne, rayonne, portée ces dernières années par les résultats exceptionnels de ses athlètes et de ses équipes dans de très nombreuses disciplines ; une France qui fait rêver le monde entier et continue de rassembler ce qui, ailleurs, se fracture.

Les crédits directement consacrés au sport, c'est 0,13 % du budget de l'État. Quelle autre politique publique produit autant d'effets, dans autant de domaines, pour un investissement aussi limité ? Vu le montant du budget du sport, environ 800 millions d'euros à comparer aux 140 Md€ engloutis chaque année dans le traitement social de l'inactivité physique, le réduire n'améliorerait rigoureusement rien à la trajectoire des comptes publics à court terme, mais au contraire la dégraderait à moyen terme. 1 euro investi dans le sport, c'est 13 euros économisés pour la collectivité, les études économiques l'ont documenté.

Qu'on se le dise : le sport est un investissement d'avenir. Et quand les marges de manœuvre budgétaires se resserrent, il faut savoir préserver – et même renforcer – les investissements qui créent de la valeur, soutiennent la croissance et évitent des dépenses futures. Le sport est précisément de ceux-là. À l'approche du prochain budget de la Nation, cette évidence mérite d'être rappelée avec force par ceux qui la vivent chaque jour sur le terrain.


Cette tribune est cosignée par :

  • Amélie Oudéa-Castéra, présidente du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF)
  • Marie-Amélie Le Fur, présidente du Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF)
  • Philippe Diallo, président de l'Organisation patronale du sport (COSMOS)
  • Thierry Braillard, président de la Fondation du sport français
  • Emma Leonardi, présidente de l'Association nationale des jeunes dans le champ du sport et de l'animation (ANEJAPS)
  • Grégory de Radiguès, président de l'Union des Entreprises Sport et Cycle (UESC)
  • Raymond Bauriaud, président de Sporsora
  • Sébastien Bequart, président de la SporTech
  • Gil Averous, président de Villes de France
  • Gilles Leproust, président de Ville & Banlieue
  • Patrick Appéré, président de l'association nationale des élus en charge du sport

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