Métiers des Jeux - David Germain : maréchal-ferrant des Bleus

Photos d'illustration PresseSport et capture France3
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Le Lyonnais David Germain, 56 ans, occupe la fonction de maréchal ferrant pour les douze chevaux composant l’équipe de France olympique de Tokyo. Un métier très ancien mais qui n’a pas été épargné par l’évolution technologique…

Comment êtes-vous devenu maréchal ferrant "olympique" ?
Au départ, j’avais de la famille dans les chevaux mais mon sport, c’était le tennis. J’étais en tennis-études. J’ai joué les championnats de France à Roland Garros de 14 à 16 ans et puis j'en suis sorti parce que je n’étais pas assez bon. Ma tante, Nadine Nègre, était en équipe de France de concours complet et elle m’a emmené avec elle une fois. J'ai alors fait la connaissance de l’ancien maréchal des équipes de France Michel Hallier qui a occupé ce poste de 1984 à 2008 et je me suis mis à travailler avec lui. Il n’y avait que le haut niveau qui m’intéressait et j'y suis toujours.

Est-ce que ce métier a évolué ?
Et bien oui, parce qu’à l’époque, monsieur Hallier ferrait tous les chevaux lui-même. Aujourd’hui, chaque cavalier a son maréchal. Cette année il y a eu une journée ferrage pour les chevaux du complet, à Deauville, où ils m’ont informé des spécificités de chacun pour que je les reproduise à Tokyo si besoin.

Est-ce qu’il y a une grande gamme de fers ?
Il y a toujours eu une grande gamme de fers, en acier, puis en aluminium. Ce sont les deux principaux matériaux. Ce qui a évolué, c’est ce que l’on met entre le fer et le pied. On met des plaques que l’on injecte avec différentes sortes de silicone. Des plaques plus ou moins souples et absorbantes. Ce qu’on cherche, aujourd’hui, c’est l’amortissement et la légèreté. On ne ferre pas un cheval de dressage comme un cheval de complet. Dans la gamme de fers, c’est toujours sensiblement la même chose. Un cheval de dressage a moins besoin de légèreté qu’un cheval de complet.
Si le fer est léger, on fait moins travailler les articulations. Dans ces trois disciplines, l’articulation qui travaille le plus c’est le boulet (la cheville). L’aluminium est plus léger qu’un fer acier mais il est aussi moins confortable. C’est pour ça que quand on met de l’aluminium, il faut absolument mettre en parallèle une plaque en parallèle. Quand le cheval pose le pied par terre.

Et est-ce qu’il y a des tailles de fer comme il y a des tailles de chaussures ?
Oui, bien sûr. Je ne sais pas si ça va vous parler. Dans l’équipe de France, les quatre chevaux ont sensiblement les mêmes pieds et c’est du 2. En dressage le petit cheval de Maxime, c’est du 1. Et en saut d’obstacles, le cheval de Pénélope c’est du 3 tout comme « Quel Filou » de Mathieu Billot.

Ici, vous avez du travail avec pas moins de 12 chevaux sélectionnés…
Oui, je crois qu’on est parmi les rares nations à avoir qualifié trois équipes dans les trois disciplines. 12 chevaux, c’est pas mal et je crois que sur le site, il y a au total 255 chevaux.

Quand les fers sont-ils changés ?
Pour des compétitions importantes comme celle-ci, on ferre les chevaux entre 15 et 18 jours avant l’épreuve. C’est le moment où la ferrure est idéale pour le cheval. Après, comme je suis sur place, si un cheval perd un fer, c’est mon rôle de le refaire et de le remettre. Si pendant l’entraînement il y avait une boiterie soudaine, j’interviens mais toujours en liaison avec le vétérinaire.

Est-ce que le cheval ressent une certaine douleur quand on lui pose des fers ?
Non, quand c’est bien fait, il n’y a aucune douleur. Ca peut arriver quand le maréchal se loupe, si le pied est trop coupé, s’il est brûlé, si le clou est trop haut et touche les chairs.

Est-ce que les conditions de Tokyo que ce soit la température de l’air ou les surfaces de compétitions influent sur votre rôle ?
Ce qui change, ici, c’est que les cheveux sont douchés matin, midi et soir. Cela une incidence sur la corne. Avec l’humidité et la chaleur, c’est comme le bois, ça travaille et parfois ça pète. Donc c’est à moi de vérifier quotidiennement s’il n’y a pas un morceau de corne qui pète, un clou qui s’est déplacé.

Et la surface ?
Ils ont fait tellement de progrès depuis 20 ans. C’est beaucoup plus agréable, c’est amortissant. C’est un sable mélangé avec de la fibre textile, ici sur le site principal. C’est très confortable. Je n’ai pas encore vu le parcours de cross mais l’herbe a l’air magnifique

Vous êtes logés avec les chevaux à Tokyo ?
Non, nous sommes dans un hôtel à quatre minutes des écuries. En revanche, les grooms qui s’occupent des chevaux et le vétérinaire de la discipline, sont logés sur place, dans des appartements.

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