Boris Darlet : "le skateboard a un énorme potentiel de développement"

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Jeune président de la Fédération française de roller et skateboard, élu depuis décembre 2020, Boris Darlet a été témoin des débuts réussis du skateboard au programme olympique à Tokyo 2020. L'important maillage d'infrastructures en France dessine un avenir passionnant à cette discipline encore peu structurée…

Le skateboard est entré au programme olympique à Tokyo. Comment s'est-il organisé en France ?
Le skateboard est entré au sein de la fédération française de roller en 1998. Il est apparu dans les années 1970 en Californie, créé par des surfeurs, Il a été reconnu et fédéré en France à la fin du XXe siècle. La spécificité des disciplines du roller et du skateboard, c'est qu'il y a beaucoup d'innovation dans leur pratique. Des nouvelles tendances apparaissent et ce sont de nouvelles disciplines qui voient le jour. Cela oblige la fédération à être une sorte d'agrégateur de ces pratiques autour de tout ce qui roule. Bientôt, nous allons faire la demande pour la trottinette freestyle par exemple. On l'annonce déjà comme une discipline possible à Brisbane 2032. Il est en train de se passer un peu la même chose que pour le skateboard avec des événements très suivis par les jeunes.

Comment le skateboard s'est-il agrégé à la fédération de roller ?
Nous avons intégré le skateboard olympique en 2016 après les Jeux de Rio quand nous avons appris qu'il entrait au programme de Tokyo 2020. Et là, nous avons eu toute la "machine étatique" qui s'est mise en branle, avec la reconnaissance et les moyens du haut niveau, la structuration etc. Sabatino Aracu, le président de la fédération internationale, vient du roller, c'est un ancien député italien et, quand on regarde la vision qu'il avait au début des années 1990, il y avait déjà le skateboard. Il y voyait un gros potentiel. Il a fait le travail pour aligner les planètes. Le skateboard est entré aux Jeux car le CIO avait besoin de rajeunir son image.

Combien y a-t-il de clubs en France ?
Dans la fédération française, il y a 150 clubs de skateboard pour 3 000 licenciés alors qu’on dénombre environ 2500 skateparks en France avec des enseignants professionnels sur environ 30 % de ces skateparks. Il y a donc un potentiel de développement incroyable. Avoir des licenciés, c'est la résultante d'un effort de structuration.

Vous visez quel nombre de licenciés ?
Je ne fixe pas d'objectifs en nombre de licenciés. Ils viendront si nous arrivons à former des éducateurs compétents. Nous avons 900 clubs de rollers dont 150 comprennent le skateboard, cela veut dire que 750 clubs font autre chose que du skateboard. Il y a un effet de levier à partir du moment où nous allons former des éducateurs. On va leur dire : "allez créer des sections skateboard sur les skateparks et pour éviter d'avoir à monter un club, greffez-vous à un club de roller, qui saura vous faire un contrat de travail, vous professionnaliser rapidement et venez structurer une activité". Nous visons les plus jeunes, entre 8 à 14 ans, pour les encadrer et leur apporter des bases, avec une sécurisation de la pratique pour rassurer les parents. Nous allons leur amener un bagage technique qui leur permettra de gagner du temps.

Tous les skateparks en France sont-ils de la même qualité ?
La problématique des skateparks, c'est que toutes les collectivités veulent le leur. Vous avez donc une communauté de skaters et une forme de discussion dans les collectivités qui consiste à dire :"soit nous les laissons dans l'univers urbain, soit nous les mettons dans une structure". Les municipalités veulent aller vite. Il y a beaucoup d'acteurs économiques qui leur proposent des équipements, avec la problématique suivante : voyez le skatepark des Jeux de Tokyo, il est fait de telle manière qu'il est parfait pour la performance. Alors que beaucoup d'autres n'ont pas les bons angles, les courbes ne sont pas bonnes, les longueurs non plus et quand vous voulez y faire de la compétition, ça ne marche plus. Certains fabricants vont dire que c'est la norme, alors que des skaters et des éducateurs vont souligner que, non, c'est dangereux. Nous allons être des agents là-dessus. Nous avons pris une place importante durant le Covid, puisque les sports à l'extérieur ont été ouverts plus tôt que ceux en salle. On nous a demandé très vite d'appliquer les protocoles Covid dans les skateparks. La fédération a alors pris une place qu'elle n'avait pas avant, en éditant ces protocoles et donc en étant reconnue ou identifiée par l'ANS (Agence nationale du sport).

Le sentiment de liberté est l'unité de base du skateboard. Un état d'esprit. Il y a aussi beaucoup d'amitié, de respect. On l'a vu aux Jeux : ils s'encouragent, ils s'applaudissent.

Les athlètes du skateboard sont assez atypiques. Si on regarde la sociologie des athlètes, ils ne font pas forcément de la compétition. Dans l'année, ce sont des personnes qui viennent faire des démonstrations pour la promotion d'équipements, de marques, car c'est la première activité économique. Il y a une vraie industrie. C'est aussi un style de vie. Si vous demandez à un athlète pourquoi il fait du skate, il vous répondra "c'est la liberté, je me sens libre, personne ne m'ennuie". C'est l'unité de base du skateboard. Un état d'esprit. Il y a aussi beaucoup d'amitié, de respect. On l'a vu aux Jeux : ils s'encouragent, ils s'applaudissent.

Les Français étaient cinq qualifiés pour les Jeux…
Il y a eu un énorme travail de la DTN. Depuis 2016, elle a fait ce qu'elle savait faire. Nous avons un cadre qui connaît bien le skateboard, recruté avec un contrat de préparation olympique. Du coup, il y a eu mise en place de stages, passage en revue d'athlètes, et constitution d'une équipe de France avec les meilleurs.

Avez-vous anticipé l'impact des Jeux ?
Oui, à travers une augmentation de la demande. Avec trois grandes populations, les enfants, les ados et les adultes. Nous devons réfléchir à de nouvelles formes d'accueil, mettre en place toute l'organisation et le management, cela ne se fait pas en un jour. Nous partons d'un effectif, nous partons du terrain et nous disons que notre cible prioritaire est les enfants, parce que nous pouvons sécuriser l'accueil vis-à-vis des parents. Les adolescents, nous pouvons les toucher par l'événementiel. Pour s'inscrire, il faut aller sur le site de la fédération, il y a une carte avec tous les clubs où se trouvent toutes les compétences.

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