Conversation avec... Jean-Pierre Siutat, premier vice-président du CNOSF en charge des relations internationales

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Jean-Pierre Siutat, président de la Fédération française de basket-ball depuis 2010, a vécu des Jeux de rêve à Tokyo avec notamment les deux médailles obtenues par les équipes de 5x5 : l’argent pour les garçons et le bronze pour les filles. Premier vice-président du CNOSF, il évoque son parcours et ses perspectives d’action...

Quel bilan dressez-vous de ces Jeux de Tokyo pour le basket français ?
C’est un bilan exceptionnel. Déjà, être aux Jeux, c’est très bien dans notre sport. Cela prouve la compétitivité de nos équipes. Les deux équipes de France de 5X5 étaient présentes aux Jeux en 2012, 2016 et 2020. Et en 2024, elles seront qualifiées d’office. Et avec deux équipes médaillées, le bilan est incroyable. On avait des tableaux très difficiles avec les Etats-Unis pour les filles et les garçons. Je suis très fier d’eux. Je voudrais aussi rendre hommage à Vincent Collet. Il a souvent été critiqué mais là, il a fait un boulot exceptionnel avec son staff.
Avec les filles, on sortait d’un Euro mi-figue, mi-raisin. On a l’habitude d’être en finale. Là, elles tombent sur une très bonne équipe du Japon mais elles ont su parfaitement réagir en allant chercher la médaille de bronze contre la Serbie. Avec le 3x3, on est également passé tout près d’une médaille face aux États-Unis, ça ne s’est joué à rien, peut-être à une faute d’arbitrage.

Comment peut-on expliquer cette réussite ?
Je pense que le basket européen a beaucoup progressé et peut maintenant rivaliser avec les États-Unis comme on l’a vu en finale. Je pense que notre réussite s’explique par le travail effectué à tous les niveaux et au fait que l’ossature de l’équipe masculine est composée de joueurs qui évoluent en NBA. Il faut aussi mettre les bonnes personnes aux postes-clés sans oublier la chance. Il en faut pour briller au plus haut niveau.

Pouvez-vous nous raconter le parcours qui vous a conduit à la tête de la fédération ?
J’ai été un très modeste joueur mais j’ai toujours été un passionné de basket. J’ai fait des études d’ingénieur et à 22 ans, je me suis installé à Tarbes. Et quelques mois après je me suis retrouvé à créer un club. C’était le Tarbes Gesp Basket. C’était en 1983. il est devenu le Bigorre TG. J’ai tout fait dans ce club. J’ai été entraîneur, trésorier, manager général, Responsable du marketing, chauffeur de bus. Tout ça bénévolement. J’entraînais trois équipes. Et l’équipe féminine est montée tous les ans de cinquième division jusqu’en première division. Et en première division, on s’est retrouvés à jouer dès la première année la finale. J’étais bénévole alors qu’on n’évoluait que contre des équipes professionnelles. Et puis en 1996, le Président de la FFBB de l’époque, Yvan Maimini m’a proposé d’organiser les Championnats d’Europe 1999 qui ont été une très belle réussite. C’était une organisation complexe avec sept sites.

Qu’est ce que Paris 2024 peut apporter au basket 3X3 ?
Pour rajeunir un peu son image, le CIO a décidé d’intégrer des sports urbains dans le programme des Jeux. C’est ainsi que le basket 3x3 a eu l’opportunité d’en faire partie à partir de 2017, grâce au travail de la fédération internationale. En France, on a 4 000 clubs avec 700 000 licenciés. On a baissé sérieusement avec le Covid mais on ne progresse plus sur un plan général. On a deux millions et demi de pratiquants qui ne sont pas licenciés. C’est un énorme potentiel. Le 3x3 peut en profiter. Le basket organise 600 000 matches officiels par an. On espère 4 000 tournois par an et avec le 3x3 on aimerait arriver à 10 000 tournois par an. Il y a 60 000 équipes engagées en 5x5 et il n’y a pas de raison qu’on n’arrive pas à un tel total en 3x3.

Je suis persuadé que le fait de devenir une discipline olympique va légitimer le 3x3 et permettre d’accroître le nombre de pratiquants.

Qu’est ce qui freine ce développement ?
Ce qui manque, ce sont les infrastructures. Pour l’instant, les terrains sont dehors et ne sont pas éclairés. Cela peut être un handicap. Il faut aussi que les terrains soient adaptés à la pratique du 3x3.

Comment faire pour que les pratiquants du basket de rue intègrent une structure fédérale ?
Le basket français occupe 6 600 gymnases dans toute la France. Il y a un parc de 10 000 terrains extérieurs qui ne demandent qu’à être rénovés. Je suis persuadé que le fait de devenir une discipline olympique va légitimer le 3x3 et permettre d’accroître le nombre de pratiquants. Elle va représenter un nouveau levier pour notre fédération.

Que représente le basket 3x3 actuellement ?
Cela fait longtemps qu'il y a un intérêt pour le sport urbain et le 3x3 en fait partie. Le basket de rue, ou ‘streetball’, existe depuis toujours. En développant la pratique du 3x3, en France, sur l'ensemble du territoire pas seulement dans les métropoles, nous souhaitons attirer de nouveaux joueurs. Nous estimons à 2,5 millions le nombre de pratiquants non licenciés. Je rappelle que le basket-ball est le deuxième sport collectif en France en terme de licenciés derrière le football avec près de 700 000 licenciés en 2020, avant la crise du Covid.
Notre objectif est clair : nous envisageons de passer de 1 500 et 2 000 tournois annuels organisés actuellement à travers la France à 10 000 tournois par an d’ici 2024, année des Jeux Olympiques à Paris.

C'est pourquoi nous voulons développer cette discipline. J'ai pu également me rendre compte du vif intérêt de l'État lors du déplacement d'Emmanuel Macron à Tokyo 2020 et sa visite sur les épreuves de basket féminin 3x3. Il s’est montré très impressionné par la discipline. L'Élysée a d'ores-et-déjà pris conscience qu'il s'agît d’une nouvelle discipline olympique collective encore peu connue en France et qui permettra d'être un levier de développement du basket français et de le mettre à l'honneur.

Je vais essayer de trouver des moyens de faire rayonner la France dans le monde grâce au sport.

Nous travaillons avec les collectivités territoriales (métropoles, villes moyennes) qui bénéficient de l’installation ou de la rénovation de nombreux terrains de basket. Nous collaborons aussi avec les associations d'élus comme l'Association des Maires de France (AMF), France Urbaine, ou l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) en charge du plan Action Cœur de ville pour développer et structurer la discipline.

Vous êtes en charge des relations internationales au sein du CNOSF, avez-vous quelques idées directrices par rapport à cette mission ?
Les élections sont encore très récentes et pour l’instant je suis focalisé sur les Jeux de Tokyo. Je me plongerai dans ce dossier au mois de septembre. Je vais essayer de trouver des moyens de faire rayonner la France dans le monde grâce au sport. Qu’est ce que l’on appelle le rayonnement. Comment le CNOSF peut-il être acteur de ce rayonnement à l’étranger ? C’est tout cela qu’il va falloir définir…

Crédits : CNOSF/KMSP/FFBB

Jean-Pierre Siutat

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