Conférence de presse d’avant Jeux pour l'équipe de France Olympique
Jeux Olympiques06 févr. 2026
À quelques heures de la cérémonie d’ouverture des Jeux, la conférence de presse d’ouverture de l’équipe de France pour les Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026 était organisée par le CNOSF et sa présidente, Amélie Oudéa-Castéra, à l’Institut français de Milan, en présence de Fabien Saguez, chef de mission, de Yann Cucherat, manager général de la haute performance à l’Agence nationale du sport, et de Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative. Extraits choisis.

Amélie Oudéa-Castéra, présidente du CNOSF
« Cette délégation est historique : 160 athlètes plus deux, c’est un record, dû à la présence de nos équipes de hockey sur glace féminine et masculine. Il faut aussi souligner que nous présentons une équipe mixant jeunes générations et expérience, avec une moyenne d’âge de 26 ans. Pour 75 % de cette délégation, il s’agira d’une première expérience olympique, et en même temps, on compte un certain nombre d’athlètes pour lesquels il s’agit de la troisième, voire de la quatrième participation aux Jeux, à l’image de nos porte-drapeaux Chloé Trespeuch et Clément Noël.
Cette équipe compte aussi un tiers d'athlètes engagés en sports individuels qui ont déjà fait des podiums en Coupe du monde. La France se trouve représentée dans 14 des 16 disciplines, à l’exception de la luge et du curling, et l’on aura envie de faire carton plein à horizon 2030. Nous avons un représentant en skeleton, Lucas Defayet, ce qui n’était pas arrivé depuis 2010, et aussi une représentante féminine en patinage de vitesse, Violette Braun, ce qui ne s’était plus produit depuis 1988. Une génération va faire ses armes ici à Milan et tirer sa trajectoire jusqu’aux Alpes en 2030. Mais cette équipe est d’ores et déjà porteuse d’une grande ambition : celle du top 5 au classement des nations. Ce sera dur, mais elle en a le potentiel.
Je voulais aussi souligner la qualité de la préparation collective et de l’accompagnement. Pour bien performer, nos athlètes ont besoin de sérénité et de protection. C’est le rôle du CNO, qu’on a coutume de présenter à travers six verbes : conduire la délégation, mais aussi la fédérer, la protéger, la valoriser, la soutenir et la célébrer.
Je voudrais insister en particulier sur la dimension soutien : à l’occasion de ces Jeux de Milan‑Cortina, le CNOSF a financé deux billets par athlète et a veillé à proposer un dispositif d’accompagnement sur le volet parentalité. Grâce aux aides du ministère et de l’ANS, 10 athlètes bénéficient ainsi d’un dispositif sur mesure, avec la présence ici de 13 enfants pour lesquels on a prévu des visites organisées en famille à Milan, des mini‑dotations pour que les enfants puissent imiter leurs champions de parents… Enfin, nous avons dit à nos athlètes, et on le redit : prenez du plaisir ! Souvenez-vous que dans “Jeux Olympiques”, il y a “Jeux” ! Vous êtes aussi là pour éprouver de belles émotions avant tout, et c’est ça qui vous aidera à délivrer le meilleur de vous‑mêmes au moment crucial de vos compétitions. Alors : À bloc ! Unis comme jamais et avec de la confiance ! »




Fabien Saguez, chef de mission
« 75 % de primo‑sélectionnés aux Jeux, c’est conséquent ! J’en discutais ce matin avec Pierre‑Edouard Bellemare, joueur de hockey iconique : il me disait aussi qu’heureusement nous étions arrivés un peu plus tôt, car il faut bien trois à quatre jours pour prendre la mesure de l’événement. Au début, on est un peu spectateur.
Quand on n’a pas d’expérience préalable des JO, arriver tôt est l’un des enjeux pour réussir sa compétition. D’où la stratégie de la plupart des équipes d’arriver en avance : c’est pour ça qu’on enregistre déjà pratiquement 100 % d'arrivées sur Milan.
Pour le reste, j’entends que le principe de sites éclatés perturbe évidemment la matrice dont on a l’habitude côté organisation. Maintenant, si l’on se met à la place des compétiteurs, ce périmètre d’action plus resserré est bénéfique pour les athlètes et les équipes : il signifie moins de déplacements, donc moins de fatigue.
Même pour les cérémonies d’ouverture, le fait d’en proposer une dans chaque cluster fait que l’on sera proches cette année des 100 % de participation de nos athlètes à cette cérémonie, ce qui n’arrive jamais d’habitude. Si l’on y ajoute les enjeux de sobriété environnementale, le recours à des ressources locales qui ont l’habitude de travailler sur leur terrain et possèdent déjà des compétences précieuses, je pense que ce principe de sites éclatés est un modèle d’avenir. »
Yann Cucherat, manager général de la haute performance à l’Agence nationale du sport
« Si, à l’ANS, on porte la stratégie de la haute performance et qu’on essaye de déployer un certain nombre de programmes, les plus pointus et individualisés possible, à destination des athlètes et des entraîneurs, c’est grâce à des moyens conséquents qui, depuis Paris 2024, se sont vus consolidés jusqu’à avoir une enveloppe spécifique pour accompagner les Jeux d’hiver de six millions d’euros supplémentaires. Cela nous a permis de capitaliser sur ce qui avait fonctionné aux Jeux de Paris, en vue de ce rendez‑vous de Milan, qui va nous donner un certain nombre d’enseignements pour préparer celui des Alpes 2030.
Il avait été notamment décidé, pour Paris 2024, qu’aucun athlète participant aux Jeux ne devait vivre sous le seuil de pauvreté, lequel avait été identifié à environ 15 000 € de ressources annuelles. On a pu franchir un cap supplémentaire pour hausser ce niveau à 20 000 € dès les Jeux de Milan, afin que tous les athlètes puissent se préparer sereinement à la compétition.
L’accompagnement de l’État permet également des situations socio‑professionnelles essentielles pour les athlètes : aujourd’hui, hors sports collectifs, 56 % des athlètes de la délégation appartiennent à la gendarmerie, à l’armée des champions, aux douanes, à la police… Il était très important aussi d’accompagner les athlètes dans leurs enjeux de parentalité, avec une enveloppe de 100 000 € qui permet, pendant les Jeux et surtout durant leur préparation, de concilier la vie de famille et une “prépa” intense, des déplacements fréquents... Nous avons mis en place, par ailleurs, un accompagnement des entraîneurs, pièces maîtresses de la réussite sportive. Aujourd’hui, à côté des athlètes présents en Italie, il y a 80 entraîneurs accompagnés, qui participent à des séminaires, sont valorisés dans leur quotidien… pour être une clé de la réussite du sportif.
Enfin, la recherche et l’innovation sont aussi des enjeux, pour être à la pointe des besoins : nouveaux équipements de fartage, tests en soufflerie… On capitalise sur des enseignements forts pour préparer dès à présent les Alpes 2030, créer un élan pour être au rendez‑vous dans quatre ans. »
Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative :
« Derrière notre délégation française, c’est bien toute une équipe, et au‑delà, un petit condensé de France qui est présent sur ces Jeux de Milan-Cortina. Je voudrais avoir un mot pour nos volontaires, très présents aussi sur ces Jeux. Ils font partie de notre “French touch”, tant notre tissu associatif et notre bénévolat sont, en France, extrêmement importants. C’est donc le moment d’avoir une pensée pour eux et de leur dire merci.
Les JO sont évidemment un moment sportif, mais aussi un moment de diplomatie ainsi que d’économie. Nous avons un savoir‑faire en matière d’organisation de grands événements sportifs internationaux ; aujourd’hui, nous venons voir celui de nos amis italiens et construire aussi les collaborations de demain. Nous nous tenons aux côtés de nos entreprises pour favoriser l’exportation du savoir‑faire français à l’étranger.
Enfin, ce qui nous unit, ce sont les belles valeurs du sport. Les Jeux sont un temps particulier où l’on se retrouve entre peuples autour de ces belles valeurs que sont l’amitié, la fraternité, l’engagement, le dépassement de soi… Le ministère soutient le développement de la pratique aussi bien que le haut niveau, et aujourd’hui, c’est bien la famille France qui se présente devant vous pour vivre ce grand moment de sport et de fraternité sur Milano-Cortina. »


