Des Jeux Olympiques historiques pour le hockey féminin français

Jeux Olympiques06 févr. 2026

Pour ses premiers Jeux Olympiques, l’équipe de France féminine de hockey sur glace a lancé la compétition de la délégation française. Et séduit les Français venus les soutenir à la patinoire de Milan. Ambiance.

L'Equipe de France de Hockey féminine de hockey sur glace
L'Equipe de France de Hockey féminine de hockey sur glace

Un petit pas pour elles, un grand pas pour le hockey féminin français. Y ont-elle pensé à l’instant de s’élancer sur la patinoire de Milan, en particulier Estelle Duvin, première à fouler la glace à l’échauffement ? Ce jeudi sur le coup de 14h40, le hockey féminin français découvrait enfin la grande scène olympique. Et si tout l’enjeu pour les tricolores était de s’affranchir du poids historique de l’accomplissement pour mieux délivrer une performance sportive, dans les tribunes, l’émotion était vive dans le clan Rozier, venu à une douzaine et quatre générations pour soutenir Clara, la n°16 des Bleues. « Nous, clairement, dès qu’elle est entrée sur la patinoire on s’est mises à pleurer », s’exclament ses deux sœurs, Zoé et Johanna, tandis que Inaïa et Ayden, les enfants, le visage barbouillé, s’époumonent pour soutenir leur tata. « C’est émouvant, c’est le rêve de tout sportif de faire un jour les JO », poursuit Géraldine, la maman. « Nous, encore, Clara fait partie de celles qui parviennent à vivre de leur sport, mais quand on apprend par les médias à quel point la plupart des filles galèrent au quotidien alors qu’elles font partie des meilleures du monde dans leur discipline, c’est dingue », reprend Michaël, son beau-frère.

Tous les supporters présents dans l’Arena de Santagiulia flambant neuve n’entretiennent pas le même lien affectif avec les hockeyeuses tricolores. Ce qui ne les empêche pas d’être généreux dans leur soutien… et on peut dire qu’ils ont eux aussi du mérite à faire résonner leurs « Allez les Bleues » et autres Marseillaises dans une patinoire massivement italienne, où le speaker officiel et la sono crachant du « Volare » contribuent en outre à bien faire comprendre laquelle des deux formations évolue à domicile.

« Le parcours de ces filles force l’admiration »

Parmi ces irréductibles Gaulois des tribunes, certains n’y connaissaient rien, ou pas grand-chose, au hockey. C’est le programme de supporters « Allez les Bleus » qui les a guidés à la patinoire ce jeudi. Où Olivier a eu un coup de cœur pour cette équipe : «Je suis passionné de sport en général, et je dois dire que ces filles ont fait plaisir à voir. Elles ont marqué les premières, elles ont tout donné… La gardienne (Alice Philbert, ndlr) a été phénoménale, plus de 40 arrêts ! Quand on sait que la plupart d’entre elles ont encore un statut amateur, elles peuvent être fières de ce qu’elles montrent » Maria Carolina aussi s’est prise au jeu, alors que rien dans sa vie de franco-chilienne établie au Havre ne la prédisposait au hockey sur glace. Mais «le sport a été mon lien pour me sentir encore plus française, et un parcours comme celui de ces filles force l’admiration. Elles donnent envie de les soutenir.»

Premier match des hockeyeuses françaises

« Des héroïnes pour les générations à venir »

D’autres, dans cette foule joyeusement peinturlurée de bleu-blanc-rouge, sont experts en « power play » et autres palets de récupération : les jeunes pousses du club des Lynx de Valence étaient venues s’en mettre plein les mirettes à Milan, et les parents sont convaincus que le moment auquel ils ont assisté peut être fondateur : « C’est spectaculaire, une équipe de France féminine dispute les JO dans une patinoire de plus de 10 000 places, souffle Marie-Laure. Ça donne de l’espoir pour les filles de 15, 16 ans dans les clubs qui se demanderaient quelles perspectives il y a ensuite pour elles dans le hockey. Maintenant, il y a une équipe de France olympique, il y a des héroïnes pour les générations à venir. » Nelly abonde : « Nous-mêmes on a découvert les joueuses à force de reportages, au moment de leur qualification et avant le début de la compétition. Même en suivant le hockey, on les connaissait peu jusque-là. Les JO, ça change tout. On a la sensation d’être au début de quelque chose, et d’avoir fait partie de ce moment. » La montée en puissance du hockey féminin français ne fait que commencer.

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