Rencontre avec les parents des frères Chollet
Jeux Olympiques15 févr. 2026
Au sein d’un “Chollet crew” bien garni à Livigno, Sandrine et Julien, parents d’Aidan et Jonas Chollet, nous racontent cette histoire familiale un peu folle. Interview.

Une banderole à leur effigie, des gilets pare-balles décorés d’un logo “Chollet Crew” et de leur visage… Aidan et Jonas Chollet avaient du monde derrière eux pour l’épreuve de snowboardcross. Un groupe d’une quinzaine de personnes, dont leurs parents, a assuré le spectacle en bas de la piste à Livigno. Si le monde entier avait les yeux rivés sur les frangins, nouvelles pépites du snowcross, leurs parents ont savouré la performance exceptionnelle de leurs poulains, arrivés 4e et 6e de leurs premiers Jeux Olympiques, à seulement 21 et 17 ans. Nous les avons rencontrés juste avant la course. Interview de Sandrine et Julien, papa et maman des frères Chollet.
Vous êtes un groupe de 15 personnes venu supporter Aidan et Jonas Chollet. Comment cette logistique s’est organisée ?
Sandrine : Il y a les cousins, les mamies, les neveux, des amis d’enfance… Il y a aussi le meilleur ami de Jonas qui est venu avec son papa. Il était très touché. En tant que monitrice de ski, j’ai bloqué quatre jours pour voir les garçons. Je ne pouvais pas rater les Jeux Olympiques !
Julien : On est partis avant-hier avec trois voitures : une au départ des deux Alpes, de Gap, des Hautes-Alpes. On a dormi à Milan pour arriver hier après-midi à Livigno. On a mangé avec Jonas et Aidan hier soir avant le début de leur compétition.
Ça vous fait quoi de voir vos enfants réunis aux Jeux Olympiques ?
Sandrine : J’ai envie de pleurer ! Ce sont de grandes émotions. Jonas ne devait pas être aux Jeux, ça a été une surprise. Ils adorent glisser ensemble. Je suis trop fière de les voir là, de les voir sur le grand écran. Déjà en Coupe du monde, c’est énorme de les voir ensemble, alors aux Jeux Olympiques, c’est un truc de dingue !
Julien : C’est le premier gros événement pour tous les deux, en même temps. Ça crée une bonne émulation dans notre famille et de leur côté, vivre ça entre frères, c’est un moment dont ils vont se souvenir toute leur vie. C’est unique en fait ! C’est que du bonheur.
Ils vous épatent vos fils ?
Sandrine : Oui, et en même temps, je savais qu’ils allaient aller loin et vivre les Jeux un jour (pleurs). Peut-être pas aussi vite, c’est vrai, mais c’était sûr qu’ils allaient réussir à vivre leur rêve. J’ai toujours senti qu’ils avaient ça dans la peau.
Un petit mot sur votre tenue… D’où viennent ces idées farfelues ?
Julien : On cherchait une idée pour marquer le coup. Aidan a commandé des déguisements de gilet pare-balle. Il est un peu rock ‘n’roll comme garçon, il ne voulait pas qu’on prenne des t-shirts ou des dossards. Et puis, il a créé le logo “Chollet Crew”. Quand il a une idée, il va au bout. Un collègue à nous a fait le montage de Jonas sur un surf car il adore ça, et Aidan sur une motocross. C’est sa nouvelle passion. Un jour, il est arrivé avec une moto à la maison, sans nous consulter ! On n’a pas fini d’être inquiets (rires).
Ils sont surprenants vos enfants…
Sandrine : Ils sont nature, peinture ! On a aussi fait une banderole et puis des cagoules avec leur visage dessus, ils n’étaient pas au courant.
Julien : C’est un peu un délire familial. On avait créé un groupe Whatsapp avec toute la famille pour organiser tout ça.
Ils participent à leurs premiers Jeux Olympiques et pourtant on a le sentiment qu'ils ne subissent pas la pression ?
Sandrine : Jonas avoue quand il a mal au ventre et qu’il est stressé. A l’inverse, Aidan a plus de mal à exprimer ses émotions. S’il a une grosse pression, il va plutôt s’enfermer.
Julien : Ils contrôlent bien cette pression. Aidan a une préparatrice mentale qui la suit car au début c’était difficile. Quand il était jeune, il n’avait pas l’habitude de gagner. C’était le meilleur mais il ne finissait jamais premier. Il a toujours été frustré, mais il a réussi à se libérer petit à petit. Ce côté détendu qu’il a, c’est une carapace. Jonas est un peu plus réservé mais il est costaud dans sa tête. Il est jeune, il découvre et il se cache un peu derrière le grand frère.
Racontez-nous leur duo. Ils sont concurrents mais la relation est-elle saine ?
Sandrine : Il y a un respect entre eux et un amour profond.
Julien : Ils préfèrent se dire qu’ils vont passer un bon moment plutôt que de dire “on va gagner une course”. Ils sont dans le défi de progresser et d’être meilleurs qu’hier. Ils ont le plaisir de jouer et s’amuser. Jonas est le premier à féliciter ses coéquipiers qui sont devant lui. Ce sont des jeunes qui ont la passion de la glisse.

En dehors du snow, ils sont comment Aidan et Jonas ?
Sandrine : Jonas a le sourire tous les matins ! Ils sont heureux de vivre. Il faut toujours qu’ils s’amusent. Aidan adore la pêche, la moto, le surf et le skate. Jonas aime le surf et le skate, il était d’ailleurs très fort. Même quand ils n’ont pas de course et qu’ils ont trois jours de repos à la maison, ils vont glisser ensemble. Ils ont du mal à rester en place, il faut toujours qu’ils soient occupés.
Ils sont hyperactifs ?
Julien : Ils n’aiment pas rester à rien faire. Depuis qu’ils sont petits, on les emmenait avec faire du kite ou du surf. On n’est pas trop à lire des livres ou faire des dessins. Le matin quand on se lève, on fait du sport ! Ils ont pris cette habitude. LEs chiens ne font pas des chats (rires).
Qu’est-ce que vous leur aviez dit pour ces Jeux Olympiques ?
Sandrine : Comme à chaque compétition, je leur ai dit : “Amusez-vous!” Je ne voulais pas les perturber et je voulais les laisser dans leur bulle.
Julien : “Faites vous plaisir !”


